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Grève des juristes de l'État: Couillard refuse l'arbitrage

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Le gouvernement Couillard refuse de négocier le nouveau régime d'arbitrage salarial avec les juristes de l'État en grève générale depuis plus d'un mois.

En grève depuis le 24 octobre, les 1 100 notaires et avocats du gouvernement réclament un système d'arbitrage en remplacement du mode traditionnel de négociation pour leur renouvellement de leur conventions collective.

Philippe Couillard n'est pas d'accord. «Ce n'est pas quelque chose qui nous apparaît préférable. Je pense qu'on pourrait à la table des négociations trouver un moyen d'avoir une entente», a souhaité le premier ministre à l'occasion d'un point de presse, à Antananarivo au Madagascar.

La convention collective des juristes de l'État est échue depuis le 31 mars 2015 et les négociations sont au point mort depuis l'été 2016. Philippe Couillard ne retournera à la table des négociations qu'à la condition négocier suivant la méthode traditionnelle pour en arriver à une entente «équitable pour les 400 000 autres syndiqués du secteur public qui ont eux signé des ententes très correctes. Pourquoi est-ce qu'on changerait les principes», a -t-il demandé.

À la fin de l'année dernière, le gouvernement et les syndicats regroupant les employés de la fonction publique et du secteur parapublic ont conclu une entente de cinq ans avec des augmentations de salaires de 10%. «Carlos (Leitao, président du Conseil du trésor) va les rencontrer demain et après-demain s'ils le veulent. Il faut qu'il y ait un règlement compatible avec ce qu'on a fait avec le reste du secteur public», a martelé Philippe Couillard.

L'Association des avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ) a fait savoir jeudi que la grève paralyse les procédures pouvant mener à neuf procès à être intentés par l'Agence du Revenu du Québec. Des dossiers de fraude soumis par l'Unité permanente anti collusion (UPAC) impliquant une quarantaine d'accusés, particulièrement dans le domaine de la construction.

Au début novembre, LANEQ faisait valoir que la grève retardait la rédaction de 17 projets de loi et de 63 projets de règlements. Le ministère de la Justice disposait d'une vingtaine de juristes cadres pour faire le travail accompli par plus de 1000 juristes. LANEQ prévoit faire le point lundi prochain au sujet de l'impact de la grève.

Le PQ désapprouve la position du gouvernement. «C'est pas n'importe qui les juristes, ils travaillent proche des plus hautes autorités de l'État. Présentement, le gouvernement agit sans avis juridique», déplore la députée Nicole Léger. Mme Léger demande au gouvernement de discuter la réforme du régime de négociation avec ses juristes.