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Le pays sans frontière

Vladimir Poutine
Photo AFP Vladimir Poutine

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Lors d’une cérémonie de récompenses pour un concours en géographie, Vladimir Poutine a demandé à un enfant où s’arrêtait la frontière de la Russie. «Au détroit de Béring», répond le bambin.

Poutine donne alors sa propre réponse: «La Russie n’a pas de frontière.» La foule applaudit. Poutine ajoute: «C’est une blague.» Bien entendu qu’il s’agit d’une blague. Mais en même temps que Poutine montre qu’il veut défendre les intérêts des Russes partout dans le monde. Il n’en faut pas davantage pour que les vieux généraux de l’OTAN renversent leur tasse de camomille. Ils ont du mal à saisir que le monde n’évolue plus à l’époque de la Guerre froide.

1 Pourquoi la Russie est-elle redoutée par certains dirigeants européens ?

Les dirigeants européens qui craignent la Russie sont surtout ceux qui ont vécu sous la domination de l’Union soviétique. Les décennies d’occupation de leur pays par l’Armée rouge ont forgé chez eux un profond sentiment de haine à l’égard des Russes. Poutine incarne pour eux toutes les méthodes vicieuses et hypocrites utilisées par les Soviétiques. Il est vrai que l’assassinat systématique des opposants de Poutine ou un certain contrôle des médias peut rappeler les vieilles méthodes soviétiques.

2 Que reproche l’OTAN à la Russie ?

Les dirigeants de l’OTAN en veulent particulièrement à la Russie en raison de son annexion de la Crimée. Pour quelqu’un qui connaît le moindrement l’histoire et la politique de la région, l’annexion de la Crimée n’est ni une surprise ni un scandale. Cependant, cette annexion ouvre la porte au grignotage de régions russophones du pourtour de la Russie. Des pays qui autrefois faisaient partie de l’Union soviétique et qui abritent des minorités russes importantes ont raison de se méfier des intentions de la Russie.

3 Pourquoi Barack Obama blâme-t-il la Russie ?

Barack Obama et sa bande de joyeux idéalistes s’imaginaient que le droit international suffisait à garantir les frontières de l’Ukraine. Mais le droit international est soumis au bon vouloir des États. Si ces États du pourtour de la Russie veulent demeurer intacts, ils doivent être forts. La frontière russe s’arrête devant la force des autres pays. Cette force peut être de nature militaire, économique et politique. Mais elle n’est en aucun cas simplement légale. Voilà pour Obama une fâcheuse leçon de réalisme qui détruit sa vision du monde. D’où son acharnement contre Poutine.

4 Pourquoi certains dirigeants veulent-ils se rapprocher de la Russie ?

La véritable question qui est en jeu est celle de la place mondiale de la Russie. Il est invraisemblable que les pays occidentaux aient si peu aidé la Russie à se relever après la chute de l’Union soviétique. Les États-Unis auraient dû proposer un véritable Plan Marshall pour tous les anciens États membres de l’empire soviétique. Exactement comme transformer l’Allemagne et le Japon en alliés forts a été très payant politiquement, économiquement et militairement.

5 Quel est l’avenir des relations avec la Russie ?

Comme le disent les Russes, ce sont les frontières de l’OTAN qui se sont rapprochées de la Russie et non pas celles de la Russie qui se sont rapprochées de l’OTAN. C’est l’OTAN qui est le véritable agresseur dans toute cette histoire de la Crimée. Pourtant, une coopération forte avec la Russie est toujours possible pour les pays occidentaux. Si elle est correctement amorcée par Donald Trump ou François Fillon, elle pourra mener très loin et être un facteur de paix.

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