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Les Dales Hawerchuk: «Nous ne sommes pas gênés de notre joual du lac-Saint-Jean»

Les Dales Hawerchuk
photo courtoisie

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On ne sait trop ce qu’il y a dans l’eau du lac Saint-Jean, mais ça semble donner le goût de saisir une guitare et jouer du rock. Quand ce n’est pas Galaxie ou Fred Fortin, c’est la joyeuse bande des Dales Hawerchuk qui brasse la cage.

Cinq ans après son dernier album, le quatuor de Roberval lance Désavantage numérique. Cette parution arrive dans la foulée du triomphe à l’ADISQ de Fred Fortin, un gars de Dolbeau-Mistassini. L’an dernier, c’est le groupe Galaxie d’Olivier Langevin, un gars de Saint-Félicien, qui faisait tourner les têtes.

«Quand t’es jeune au Lac, soit que tu fais du ski-doo, soit que tu prends une guitare ou tu joues au hockey. Nous autres, on était plutôt hockey et guitares», s’amuse le batteur des Dales Hawerchuk, Pierre Fortin, qui fait équipe avec les frères Sylvain et Sébastien Séguin (voix et guitares) et le ­bassiste Charles Perron.

Et leur rock, ils le font en français. «Le défi est de bien accommoder le joual québécois dans des chansons rock. Certains l’ont fait avant nous et on a vu que c’était possible. Nous ne sommes pas gênés de notre joual jeannois et on le met en musique», explique le musicien.

À l’instar de leurs trois albums précédents, les Dales affichent la silhouette de Dale Hawerchuk, ancienne gloire des Jets de Winnipeg, sur la pochette de Désavantage numérique. Le titre est autant un clin d’œil à notre sport national qu’une façon de dire que les musiciens qui lancent un album, en 2016, partent avec une prise contre eux vu l’état de l’industrie, affirme Pierre Fortin.

Plus « Abrasif »

Musicalement, ce dernier croit que le ­nouvel album est plus «abrasif que les ­précédents».

«Dans le son, c’est plus stoner, mais dans l’énergie, c’est aussi punk que nos autres albums», analyse le musicien, en faisant référence au premier extrait Désastre.

Les Dales y vont même d’un bon rock’n’roll rétro sur Jupe noire, pour le plaisir, dit Fortin, d’explorer un autre style. «Sur chaque album, on a une toune plus à droite comme À soir on sort, qui était country. Alors le ­piano à la Jerry Lee Lewis sur Jupe noire, c’est super voulu.»

Hommage à Lemmy

Les Dales Hawerchuk aiment injecter une dose d’humour dans leurs compositions. Cette fois, c’est en rendant hommage au ­style de vie débridé de Lemmy Kilmister, défunt leader de Motörhead, que le groupe exploite son côté givré.

«Fume des tops, bois du Jack, même si y a un gros bouton dans ‘face, y se pogne des filles en masse. (...) Pour le saouler, ça prend un camion rempli de boisson», chantent les frères Séguin sur Lemmy.

Cette pièce, une blague qui a fini par ­aboutir sur la version finale de l’album, est-elle un fantasme non assouvi des Dales? «Pour l’imiter, ça prend les revenus qui vont avec», observe Pierre Fortin.

Bref, surmonter le désavantage ­numérique.


Désavantage numérique, des Dales ­Hawerchuk, est en vente.