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Trudeau pleure un «ami de longue date»

L’hommage rendu par le premier ministre canadien à Fidel Castro a soulevé la controverse, samedi

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Photo d'archives Justin Trudeau a visité Cuba il y a un peu moins de deux semaines, où il a été accueilli par Raúl Castro.

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Régys Caron et Hugo Duchaine

Le Journal de Québec et de Montréal

 

ANTANANARIVO, Madagascar  |  Les louanges de Justin Trudeau à un «ami de longue date» à la suite de la mort de Fidel Castro ont soulevé l’indignation au pays et aux États-Unis.

«C’est avec une grande tristesse que je viens d’apprendre le décès de Fidel Castro, un ami de longue date du Canada et de ma famille, a dit M. Trudeau à l’amorce de son discours au Sommet de la Francophonie. Les liens qui unissent nos deux pays sont forts. [...] Nous offrons nos plus sincères condoléances à la famille Castro et au peuple cubain.»

Propos controversés

Ses propos ont fait réagir sur les réseaux sociaux, alors que des internautes ont repris les mots du premier ministre pour les coller à d’autres dictateurs.

Pour sa part, le député conservateur de Beauce, Maxime Bernier, a durement critiqué M. Trudeau. «Je n’arrive pas à croire que notre PM exprime une “profonde tristesse” et considère comme un “ami” un dictateur méprisable qui a tué et emprisonné des milliers d’innocents et exilé plus d’un million de personnes», a-t-il écrit sur sa page Facebook.

M. Trudeau a même fait réagir aux États-Unis, où le sénateur de la Floride Marc Rubio s’est même demandé s’il s’agissait bien d’un communiqué officiel et non d’une parodie. «S’il s’agit de la vraie déclaration du premier ministre du Canada, cela est honteux et embarrassant», a-t-il dit sur Twitter.

Le sénateur du Texas Ted Cruz, a quant à lui qualifié l’hommage de «disgracieux». Les relations étaient très amicales entre Fidel Castro et Pierre Elliott Trudeau, ancien premier ministre du Canada.

<i>Le Journal</i> évoquait l’accueil qu’avait reçu à Cuba, en 1976, son père Pierre Elliott Trudeau, alors premier ministre canadien, par 200 000 Cubains ainsi que par Fidel Castro.
Photo d'archives
Le Journal évoquait l’accueil qu’avait reçu à Cuba, en 1976, son père Pierre Elliott Trudeau, alors premier ministre canadien, par 200 000 Cubains ainsi que par Fidel Castro.

Plaidoyer pour les femmes

En 1976, en pleine guerre froide, M. Trudeau a rendu visite au Comandante et a apporté une aide de 4 millions $ au pays. Leur amitié s’est poursuivie bien après: Fidel Castro s’était même rendu à Montréal en 2000 pour assister aux funérailles de Pierre Elliott Trudeau.

Après avoir rendu hommage au dictateur qui a fait emprisonner des milliers de Cubains, Justin Trudeau a livré un vibrant plaidoyer soutenant les droits des femmes.

«Trop souvent, les droits des femmes sont bafoués. Des femmes et des filles sont victimes de violences physiques et sexuelles. Elles se voient mariées en bas âge sans leur consentement. L’accès à l’avortement sécuritaire leur est interdit; elles sont soumises à des mutilations génitales, c’en est assez!» a martelé M. Trudeau.

Le premier ministre évoquait notamment l’excision (ablation du clitoris), une pratique toujours en usage à l’endroit des jeunes filles dans certains pays africains. «Il n’existe aucune excuse pour de telles violations de leurs droits fondamentaux», a sermonné M. Trudeau.

– Avec la collaboration de l’Agence QMI