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Cuba: le «changement»

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Fidel Castro, le lider maximo du peuple cubain et saint patron des révolutionnaires de brousse et de banlieue de trois continents, est finalement mort, des années après être tombé en désuétude politique.

Encore aujourd’hui, on ne s’entend pas sur quoi dire de cette boule de contradictions barbue. Certains l’élisent au panthéon des prophètes libérateurs, d’autres le vouent aux gémonies des dictateurs cupides et vaniteux, assassins des libertés de leur peuple.

Normal qu’on ne s’entende pas sur l’héritage de Fidel, il est l’incarnation même de la plus cruelle des contradictions politiques: le communisme est une noble vision de l’esprit, qui assure l’égalité de tous. Mais il ne peut s’instaurer que par la force, et ne se maintient que par une oppression de plus en plus lourde des libertés et des aspirations individuelles.

Pas de misère abjecte

Il n’y a pas, à Cuba, des poches de pauvreté abjecte comme dans les autres îles. Il y a de l’eau, des bancs d’école, des lits à la clinique pour chacun. Mais il n’y a pas d’opinion publi­que, pas d’information libre. «Il n’y a pas de bidonvilles ici, mais nous avons transformé les palaces en taudis», dit une Cubaine.

La grande illusion

À La Havane, rien n’est ce qu’il semble être. L’État remplit ses coffres en vendant la nostalgie opulente des belles années du Buena Vista Social Club: cigares, mojitos, vieilles bagno­les, salsa – quand Cuba était géré par les gangsters de Tampa et les trusts du sucre et du tabac –, précisément le cancer social éradiqué par la révolution des barbudos de Fidel voici trois générations. Mais ces distractions sont réservées aux seuls touristes.

Cela fait 20 ans au moins que Cuba espère la mort de Fidel Castro. Mais personne ne l’aurait admis publiquement. On disait seulement «attendre le Changement.»

Alors voilà: le Changement vient d’arriver. Avec une vingtaine d’années de retard, cependant.