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Hantée par les dernières images de sa mère

La mère de famille est une des victimes de la présumée virée meurtrière d’un tireur à Montréal

Chantal Cyr attendait que sa fille Carolanne Cyr Vanier termine son quart de travail pour la ramener en sécurité à la maison où son mari Denis Vanier les attendait.
Photo courtoisie Chantal Cyr attendait que sa fille Carolanne Cyr Vanier termine son quart de travail pour la ramener en sécurité à la maison où son mari Denis Vanier les attendait.

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Une jeune sera hantée à jamais par la dernière image de sa mère qu’elle a trouvée gisant dans une mare de sang, présumée victime de Frédérick Gingras.

«Je n’ai rien vu, je n’ai rien entendu, mais j’ai malheureusement eu assez de temps pour apercevoir ma mère par terre, le corps transpercé par une balle, couchée dans son sang», raconte Carolanne Cyr Vanier.

L’adolescente de 17 ans devait rejoindre sa mère après son quart de travail, lorsque des clients sont entrés en panique dans la station de service à l’intersection du boulevard Saint-Jean-Baptiste et de la rue Sherbrooke Est, dimanche soir.

«Ils criaient qu’une femme avait été tirée. La fille qui travaille avec moi a crié “Caro, c’est ta mère!”» se souvient la jeune.

Carolanne s’est précipitée à l’extérieur de la station de service lorsqu’elle a vu le corps de sa mère, Chantal Cyr, étendu au sol.

«J’étais sous le choc. Je ne comprenais pas», confie-t-elle.

Des collègues se sont empressés de l’éloigner de la scène.

«J’ai quand même cette dernière image en tête», regrette-t-elle.

« Meurtre gratuit »

Le père de Carolanne, Denis Vanier, est inconsolable. Il vient de perdre la femme de sa vie, avec qui il a partagé les 30 dernières années.

«Ce dégueulasse-là, il a commis un meurtre gratuit. Chantal, c’était une femme remarquable. Elle ne faisait même pas de mal à une mouche», dit M. Vanier, la gorge nouée par l’émotion.

Alerté par sa fille, M. Vanier s’est rendu à la station de service dans les minutes suivant le drame.

«Les ambulanciers l’avaient déjà transportée à l’hôpital lorsque je suis arrivé. Ce n’est que plus tard qu’ils nous ont confirmé son décès», se désole-t-il.

Pour la famille Cyr Vanier, c’est un deuxième ange parti trop vite un 4 décembre.

Il y a 20 ans exactement, la famille enterrait sa fille aînée, alors âgée de quatre ans et atteinte d’une maladie rare.

«On a toujours été une famille unie. Maintenant c’est Carolanne et moi sur terre, mais on a deux anges au ciel», se console M. Vanier.