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Yves Martin: tous coupables

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«Ivre» Martin a été reconnu coupable de tous les chefs d’accusation qui pesaient contre lui. C’est la moindre des choses. La famille qu’il a décimée sur le chemin ne reviendra jamais. Un chemin sur lequel Martin n’aurait jamais dû se retrouver.

Dans un système où l’on permet à un ivrogne incorrigible d’avoir accès à une automobile après de multiples arrestations, nous devons tous porter un peu de blâmes.

Les gens qui connaissent Martin savaient que ça allait arriver. C’était inévitable, qu’ils m’ont dit cette semaine, à moins que la société ne le protège de lui-même. C’est une jeune famille qui a payé le prix de notre mollesse.

Maintenant que les membres du jury se sont prononcés, au juge de donner une sentence exemplaire, le maximum permis de temps au frais et rien de moins.

« PREMDRE UNE CHANCE... » DE TUER ?

Nous devons tous apprendre de cette tragédie. Les partys de Noël commencent à se multiplier. Les conducteurs chauds aussi. Il y a les pathologiques irré­cupérables, mais il y a aussi tous ceux qui «prendront une chance». Ont-ils le goût de faucher une famille? De porter le poids de leur mort jusque dans une cellule froide ou jusque dans la tombe?

Personne ne veut devenir le centre d’un tourbillon d’émotions aussi noir que celui créé par Yves Martin. Sa pauvre mère, impuissante, qui voit son fils briser des vies, devenir l’ennemi public numéro un et s’en aller en taule sous les applaudissements.

Les proches et les familles des gens que Martin a tués se disent satisfaits du jugement, mais qui devront à jamais panser leurs plaies. Ce grand trou sombre au fond du cœur, causé par un alcoo­lo non repentant, qui a même poussé l’odieux à tenter de jeter le blâme sur les victimes.

RETENIR LA LEÇON

Mais revenons à nous, un petit peu. Parce qu’on pourrait se laver les mains en se disant que c’est un ivrogne qui risquait sa vie et celle des autres tous les soirs. Ce qui n’est pas faux. On pourrait aussi dire que la Justice avec un grand «J» aurait dû depuis longtemps garder Martin loin d’une voiture en marche. Pas faux non plus.

Mais prendre le volant une fois en «n’étant pas sûr», c’est une fois de trop. Même dans le temps des Fêtes. Même dans des chemins de campagne. Même si on est fatigué, pis que Nez rouge a deux heures d’attente. Même si le chauffeur désigné a finalement ouvert une bouteille de rhum.

Je ne veux pas sonner comme une mauvaise pub d’Éduc­Alcool. Je veux juste dire que si on ne retient pas tous la leçon du triste récit de Mathieu, Vanessa, du bambin dans son bedon et du petit Patrick, plus rien n’a de sens.

Aimons nos proches qui sont toujours là. Apprécions la vie. Et soyons conséquents. On aime sa vie et celle des autres? On donne ses clés quand on fête. Et si quelqu’un fait le smatte avec un verre dans le nez, chuchotez-lui le nom de Yves Martin à l’oreille.

Personne ne veut en devenir un.

 

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