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Sauvée par son pressentiment

Elle a quitté l’appartement de son ex-copain après l’arrivée de l’accusé, ce qui l’a peut-être épargnée

FAIT DIVERS
Photo martin alarie Fanny Trottier a pris le temps de fabriquer des chandelles à l’effigie de James Jardin, avec qui elle a passé la soirée de dimanche.

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Peu de temps avant la virée sanglante de dimanche soir, Frédérick Gingras est débarqué en panique chez une de ses présumées victimes sous les yeux d’une ex-amoureuse qui, mal à l’aise, a décidé de quitter les lieux.

«Il avait l’air gelé (drogué). Je le trouvais vraiment bizarre. Il n’était pas capable de rester en place, même si on lui disait de rester calme», se souvient Fanny Trottier, qui était allée rejoindre James Jardin dans un appartement de la 1re Avenue à Pointe-aux-Trembles, dimanche soir.

Frédérick Gingras s’est pointé chez la victime sans l’aviser. Les deux jeunes se seraient connus il y a une dizaine d’années dans un centre jeunesse, selon des amis.

«Il n’attendait pas de visite, mais il l’a laissé entrer. J’ai dit à James que je préférais partir. Il est venu me reconduire à la porte, il m’a donné un câlin et un bec sur le front», se souvient son ancienne copine.

La jeune de 16 ans s’est sauvée juste avant la virée meurtrière qui a emporté son ancien copain.

État de choc

Ce n’est que lundi matin que Fanny a appris la mort de son ex.

«Ma mère m’a dit qu’il y avait un fou qui avait tué deux personnes. Je lui ai demandé: “Où ça?” Elle m’a dit: “Sur la 1re Avenue”. J’ai crié: “C’est James!” J’ai vu le visage de Frédérick à la télé et je l’ai reconnu, c’était lui qui était avec nous la veille», dit-elle.

Mardi soir, la mère de Fanny n’osait pas imaginer ce qui aurait pu se produire si sa fille était restée dans cet appartement.

«Je n’en revenais pas. Je lui ai crié: “Fanny, peux-tu croire que tu aurais pu y passer?” Mon cœur s’est fendu, je suis démolie de penser à la fin atroce qu’a connue James», confie Isabelle Trottier.

Le rebelle au grand cœur

La première victime de cette soirée sanglante est décrite comme un «rebelle au grand cœur».

«Il consommait du pot, mais c’est tout, dit Sara Ann Mallette-Whebley, qui a été en couple avec M. Jardin jusqu’en février dernier. Il n’était pas un revendeur, ça lui arrivait d’en fumer entre amis, et c’est sans doute pour ça que Frédérick est allé chez lui.»

Elle espère que les gens ne s’arrêteront pas à l’apparence de celui qui rêvait d’avoir son propre salon de tatouage.

«Plusieurs de nous avons la chance de garder une trace de lui, parce qu’il nous a tatoués», souligne-t-elle.

Mardi soir, une vigile en hommage à M. Jardin a été organisée au parc Edmond-Hamelin dans Hochelaga-Maisonneuve.

Trop ébranlé, son père, Conrad Desbois, n’a pas été en mesure de s’adresser au Journal. Il a pris quelques minutes pour remercier la quarantaine de personnes réunies autour de chandelles et de portraits de son fils.