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Le cadeau inoubliable de Sharon Stone

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Photo AFP

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En entrevue avec Le Journal, le réalisateur de Basic Instinct est revenu sur les dessous de la scène culte de l’interrogatoire qui a tant fait parler. Il a assuré, à cette occasion, n’avoir jamais trahi Sharon Stone...

Il y a quelques années, l’héroïne de Basic Instinct avait raconté que Paul Verhoeven l’avait «piégée» au moment de tourner la fameuse scène où son personnage, en minijupe moulante, décroisait les jambes de manière provocante pour révéler son intimité au flic campé par Michael Douglas. Sharon Stone avait expliqué que le réalisateur lui avait demandé de retirer sa culotte blanche, trop voyante à l’écran, tout en lui promettant qu’on ne verrait pas le moindre de ses poils pubiens lors du montage final. Présent au Festival international du film de Marrakech où il a reçu un hom­mage et donné une master class, Verhoeven­­ a tenu à rétablir la vérité.

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Photo d'archives

Sharon Stone dans la fameuse scène de l’entrevue du film Basic Instinct.

Une scène marquante

«Quand j’ai proposé à Sharon Stone de tourner cette scène au cours d’un souper, j’ai vu une sorte de lueur démoniaque­­ dans ses yeux, et elle m’a tout de suite dit oui sans hésiter», a confié au Journal le réalisateur de 78 ans, rencontré dans les jardins de l’hôtel La Mamounia. «Quand on a tourné la scène, j’ai demandé à tout le monde de partir, y compris Michael Douglas. Il n’y avait plus qu’elle, moi et Jan de Bont, le réalisateur de Speed qui était alors mon directeur de la photographie. Elle savait très bien ce qu’on faisait. Elle a dit qu’elle n’était pas au courant que j’avais filmé son vagin. Mais c’est faux. En plus, juste avant de tourner la scène, elle m’a offert sa petite culotte en cadeau! Mais ça, elle oublie toujours de le dire.»

D’après Paul Verhoeven, l’actrice aurait­­ décidé de faire marche arrière, une fois le montage terminé, sous la pression de son entourage. «Ses agents lui ont dit que ces images pourraient nuire à sa carrière. Et elle m’a demandé de retirer la scène, mais j’ai refusé. En fin de compte, cette séquence l’a propulsée sur le devant de la scène. Elle­­ a réalisé toute une performance dans le film, mais cette scène en particulier a marqué sa carrière. La preuve, on en parle encore aujour­d’hui, 24 ans après», a indiqué le réalisateur de Robocop­­ et Starship Troopers.

Elle dans la controverse

Verhoeven est aussi revenu sur la récente­­ polémique qui a entouré la sortie de son dernier film, Elle, qui suit une femme d’affaires (campée par l’actrice française Isabelle Huppert,) dont la vie bascule le jour où elle est agressée sexuellement chez elle par un mystérieux inconnu. Certains ont accusé le réalisateur d’avoir voulu tourner le viol en dérision, en brouillant les cartes entre drame et comédie. Des accusations que Paul Verhoeven­­ réfute totalement, alors que son film semble plus que jamais bien placé dans la course aux Oscars.

«Ça correspond à une perception totalement erronée du film, a-t-il répondu au Journal. Le viol est un réel problème que je ne cherche pas à nier. C’est un acte horrible et très violent. Et je n’ai pas voulu en faire quelque chose de drôle. Simplement, comme je n’ai pas souhaité rester dans un genre précis, ça s’est retourné contre moi, même si les scènes drôles du film n’ont rien à voir avec le viol en soi. Il n’y a aucun mal à faire coexister les deux. C’est la vie qui est comme ça. La vie est parfois horrible et parfois drôle. La vie n’est pas enfermée dans un genre.»