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Martine et le chant des sirènes... fédérales

Martine et le chant des sirènes... fédérales
PHOTO ANNIE T. ROUSSEL

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Je viens de voir que quelques militants du Bloc Québécois lancent un appel à Martine Ouellet pour qu’elle fasse le saut en politique fédérale comme cheffe. Elle décidera en 2017 si elle briguera à nouveau une chefferie de parti et ce pour la 3e fois en moins de 24 mois. Je ne peux être sûr de rien, mais si j’avais à mettre « un vieux deux piasses », je parierais qu’elle se lancerait voici pourquoi.

« Je suis Option Nationale » - Martine Ouellet

Depuis le premier départ de Gilles Duceppe, le Bloc Québécois est à la recherche d’un leader compétent, connu et charismatique pour prendre les destinées du parti. À l’évidence, l’ex-président de la Société St-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM) qui a réussi à gagner la course à la chefferie du Bloc, Mario Beaulieu, n’avait pas la capacité de sauver le Bloc Québécois de l’extinction lors de l’élection d’octobre 2015. Sagement, il avait cédé sa place à Duceppe qui a réussi à faire élire 10 députés, incluant M. Beaulieu lui-même.

Néanmoins, durant le bref passage de M. Beaulieu à la tête du Bloc Québécois, il en a changé le visage. Il a amené sa « gang ». M. Beaulieu a embauché comme organisateur, l’ancien directeur général d’Option Nationale : Louis Philippe Dubois. Ensemble, ils ont « comblé les vacances » au bureau national qui est le conseil d’administration du Parti. Ils ont également recruté des candidats aux élections, souvent des purs et durs de la souveraineté tout comme Martine Ouellet. Maintenant le Bloc Québécois est dirigé par 9 membres au Bureau national et 9 députés (Beaulieu occupant le double rôle de président et député). De ces 18 personnes, 10 ont financé le petit parti ultra souverainiste qu’est Option Nationale. La plupart ont également financé le PQ mais il n’en demeure pas moins que ça en dit long sur le noyautage du petit parti qu'est Option Nationale, parti qui a reçu moins de 1 % du vote en 2014, dois-je le rappeler.

Je ne peux m’empêcher de faire un lien avec le fameux tweet de Martine Ouellet qui disait «Je suis option nationale ». Elle aura beau dire que son compte a été piraté, je n’en crois rien et ce n’était pas anodin.

La piste d’atterrissage pour Martine

Rappelons que lors de la course à la chefferie, Martine Ouellet n’avait reçu aucun appui du caucus péquiste. Mais les bloquistes eux étaient au rendez-vous. Les députés Xavier Barsalou-Duval, Michel Boudrias et Marilène Gill appuyaient la députée de Vachon. Il est évident que ces derniers accueilleraient à bras ouverts Mme Ouellet. Autre signe de rapprochement entre le Bloc et Mme Ouellet, son ancien chef-adjoint de cabinet lorsqu’elle était ministre, Stevens Héroux, fut embauché au bureau de Mario Beaulieu au lendemain de son élection. Par la suite, en février 2016, M. Héroux fut nommé directeur général du Parti avec la bénédiction, évidemment, du président (Mario Beaulieu) et du bureau national. Déjà à ce moment, les rumeurs allaient bon train au sein des « apparatchiks » bloquistes : Martine Ouellet s’en vient comme cheffe disait-on. Les projets de Madame Ouellet furent bousculés quand Pierre-Karl Péladeau a démissionné du PQ, ce n’était pas prévu. La suite, on la connait, sachant fort bien qu’advenant une autre défaite, ses pions seraient bien positionnés dans les officines de la capitale fédérale.

N’oublions pas que la vie dans le caucus péquiste ne doit pas être rose pour Mme Ouellet. La souveraineté a été rangée au placard. Ses attaques virulentes envers ses adversaires Lisée et Cloutier ainsi que ses commentaires désapprobateurs dirigés vers Sylvain Gaudreault et l’establishment du parti auront laissé des traces. Les efforts de ralliement de M. Lisée ne berneront personne qui est le moindrement avisé. Dans les circonstances, Martine Ouellet s’est assurée une porte de sortie honorable à Ottawa, elle qui doit se sentir bien à l’étroit dans ce caucus provincialiste