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La classe de Mme C.: La vérité sur... Le cadeau de Noël au prof

主婦10
faffls - Fotolia

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Chaque année, à peu près à la même date, la pensée d’acheter un cadeau de Noël au prof flotte.

L’idée se pointait de temps en temps depuis fin novembre, mais à la mi-décembre, il y a comme l’urgence d’agir.

Je le sais, je suis prof, mais aussi et surtout, maman d’enfants d’âge scolaire.

Je connais les deux pôles de la courroie de transmission de cette habitude devenue presque une convention. Ce geste un peu forcé ou tout à fait naturel, selon les années.

Les faits

J’aime recevoir des cadeaux. Inutile de tenter de le nier. Tous les êtres humains de la planète aiment les cadeaux.

Les profs aussi.

Je vous avoue même qu’il y a des cadeaux d’élèves qui me plaisent plus que d’autres.

Voilà. C’est dit.

Mais paradoxalement, ce moment est aussi associé à un malaise. Occultant complètement le plaisir habituel que l’on ressent à déballer un cadeau.

Le malaise du chien dans un jeu de quilles, je dirais.

À cause de ces enfants qui arrivent les mains vides, le jour de la fête. Leurs parents n’ayant pas eu le temps pour un cadeau. Ou le budget. Ou l’envie.

Je les vois fuir mon regard. Baisser les yeux, honteux à travers les autres élèves aux mains pleines qui courent vers moi. Survoltés et investis d’une mission. Comme s’ils tenaient l’anneau sacré. Le «précieux» de la trilogie de Tolkien.

Puis, en secret, ils viennent s’excuser d’arriver avec rien, en promettant que j’aurai mon cadeau en janvier.

Parfois, c’est le cadeau lui-même qui provoque le malaise.

Comme la fois où j’ai reçu une bouteille de parfum à moitié pleine et un rouge à lèvres usagé. Dérobés dans les produits cosmétiques de maman et offerts avec toute la sincérité du monde.

Je ne savais pas quelle sorte de sourire faire à mon élève. Et lui non plus.

L’échec du matériel

Que me reste-t-il, au fond, après le réveillon scolaire, de tous ces sacs cadeaux pêle-mêle qui jonchent mon bureau?

De ces chandelles, gels pour la douche, tasses à café? Dont pour certains, dans le brouhaha, je le confesse, j’en viens à ne plus savoir la provenance?

Pas grand-chose.

Le plaisir sincère, mais éphémère, que j’ai eu à les recevoir? Certes.

Celui que les parents ont eu à me l’offrir? Assurément.

15 réveillons plus tard, le tout tient dans une boîte grosse comme rien. Se résume à des cartes avec un message senti.

J’ai bien une peinture de Cyril dans ma classe depuis des années. Avec une pensée sincère écrite au dos, au «Sharpie» noir.

Une boîte faite main, aussi. Offerte par un troupeau d’enfants d’une même famille dont presque tous les membres sont passés par ma classe.

Sans plus.

M-E-R-C-I, rassemblez toutes ces lettres...

C’est Noël et je dirai merci au prof de mes enfants.

Et en quoi je les remercie. Dans une carte ou par courriel.

C’est tout.

C’est simple. Discret. Gratuit. Et ça reste.

Je vous le dis!

Joyeuses Fêtes, profs et parents lecteurs!