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Trouver nos Rambo

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Il était encore à la une du Journal ce samedi, à la grandeur de la province. C’est la deuxième fois cette semaine. Son nom : Rambo, alias Bernard Gauthier, qui se lance en politique pour brasser la machine et défendre la Côte-Nord.

Attendez avant de rire. Parce que je vous parie un vieux deux que Rambo sera élu et ira travailler à l’Assemblée nationale. Parce que malgré ses airs d’ours mal léché, le syndicaliste «tordeur de bras» risque de mettre son coin de pays sur la «map» comme jamais. C’est déjà le cas, d’ailleurs.

Au lieu de se moquer, on devrait chercher activement les Rambo du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

REMPLIR LE VIDE

La mode est aux grandes gueules, en politique. Mais surtout aux étrangers à la machine. Et des fois, ça marche.

Dans l’actuelle grisaille parlementaire, n’importe qui ayant un peu de cœur, d’intérêt et de bagout a la chance de se faire remarquer. De devenir un Donald Trump québécois. Un Rambo de sa région.

Les gens sont désabusés de la vieille politique, des vieux partis. Les libéraux sont au pouvoir par défaut et n’impressionnent personne. Le PQ ne se cache même plus pour mourir. Et personne ne croit la CAQ.

Dans un contexte où Québec solidaire réussit à faire élire des humoristes qui s’ignorent avec un programme clownesque, absolument tout est possible...

Rendu là, il ne faut pas sortir beaucoup du moule fatigué du petit politicien modèle pour retenir l’attention. Un peu de vie, d’émotion, de passion. La recette Trump, l’assaisonnement Rambo. Une petite shot de Sriracha sur ma politique, je vous prie!

On peut y voir de la démagogie, du nivelle­ment par le bas et s’arracher les cheveux en se demandant comment expli­quer ça à nos enfants.

LA REVANCHE DU PEUPLE

J’y vois plutôt une opportunité. Celle de faire parler de nous. De nos problè­mes, de nos priorités. Ne levons pas le nez sur le phénomène Rambo, profitons-en plutôt pour trouver les nôtres.

Des porte-voix qui font beaucoup de bruit, qui se lancent par amour de la région avant de se laisser porter par l’ego, qui commettront des maladresses, qui diront quelques conneries, mais qui seront politiquement vierges et qui amèneront un regard nouveau à l’Assemblée nationale.

Pour la première fois depuis longtemps, des gens ont l’impression qu’on leur parle vrai. Ils y croient un peu au mieux ou pas du tout au pire, et ils veulent juste envoyer un doigt d’honneur à la machine. Dans un cas comme dans l’autre, les régions ont l’impression de ne rien avoir à perdre. Québec et Montréal n’écoutent plus et personne ne parle assez fort. On a le premier ministre dans la région et rien ne change. Qui dit mieux?

Allez, allez! Dans une région où on a fermé un Wal-Mart et où les concessionnaires d’autos ont arrêté de travailler pendant trois ans, ne me dites pas qu’on n’a pas un ou deux Rambo!

Avoir le Saguenay-Lac-Saint-Jean tatoué sur le cœur pardonne bien des erreurs et des imperfections. En 2017, que les Rambo des Bleuets se lèvent et gueulent!

 

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