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Brady rime avec MVP

Baltimore Ravens v New England Patriots
AFP

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La course au titre de joueur le plus utile dans la NFL continuait de s'étirer, sans réel favori pour se démarquer du peloton de tête. Du moins, jusqu'au match de lundi soir entre les Ravens et Patriots.

Plusieurs joueurs peuvent être hautement considérés cette saison pour le fameux «MVP». Matt Ryan dirige l'attaque la plus productive du circuit avec les Falcons. Derek Carr a largement contribué à sortir les Raiders de leur éternel marasme avec plusieurs performances inspirées et des statistiques impressionnantes. Matthew Stafford a maintes fois sauvé les Lions avec des remontées rocambolesques au quatrième quart. Ezekiel Elliott domine chez les porteurs de ballon à sa toute première saison et les Cowboys sont en bonne position en partie grâce à son essor rapide. Depuis la mi-saison, Aaron Rodgers a retrouvé sa forme des beaux jours et les Packers s'accrochent encore à l'espoir de faire les séries malgré un départ boiteux.

Tous les joueurs identifiés ici méritent que leur candidature soit sérieusement étudiée, mais il devient de plus en plus difficile d'ignorer le quart-arrière des Patriots, Tom Brady, qui semble se démarquer du lot avec sa brillante performance face aux Ravens. En dépeçant la défensive classée au premier rang du circuit pour les verges accordées, le vétéran s'est imposé pour le plus grand honneur individuel dans le sport, même si ce n'est pas ce titre qu'il pourchasse. Avec 406 verges et trois passes de touchés contre une défensive mordante, à heure de grande écoute, sans sa principale cible hors de combat en Rob Gronkowski, Brady a prouvé une fois de plus qu'il ne vieillit pas.

Cette saison, même s'il a raté quatre matchs en raison de sa suspension pour l'histoire des ballons dégonflés, Brady est 12e pour les passes de touchés avec 22. Mais bien mieux encore, c'est son ratio qui impressionne davantage, lui qui n'a lancé que deux interceptions. Sous sa gouverne, les Patriots n'ont subi qu'une seule défaite. Sa moyenne de 319,6 verges par match est la deuxième plus élevée du circuit, derrière Drew Brees. Sans Gronkowski, il a réussi à élever le jeu de deux ailiers espacés, Chris Hogan et Malcolm Mitchell. Le premier jouait un rôle plutôt marginal auparavant avec les Bills, tandis que le second ne s'annonçait pas forcément comme un espoir de premier plan. Aujourd'hui, les deux receveurs se veulent des cibles de choix qui amènent une dimension verticale à l'attaque des Patriots.

Et au-delà des statistiques, même si son énergie n'est pas quantifiable en termes de points ou de verges, il ne faut surtout pas sous-estimer l'impact du leadership exacerbé de Brady sur les troupes. Il fallait le voir lundi soir enguirlander Julian Edelman. Même s'il peut paraître détestable à l'occasion, il a le don inné de mettre le feu au derrière de ses coéquipiers pour les ameners à se surpasser. Il fallait le voir inviter la foule à Foxborough à manifester son énergie. La fougue contagieuse de Brady ne peut être comptabilisée dans aucune colonne de chiffres, mais son impact est majeur.

Si Brady et les Patriots terminent la saison en force, il sera difficile de lever le nez sur lui au grand gala de fin de saison. Plusieurs quarts-arrières qui auront disputé toute la saison se retrouveront certainement devant lui en termes de statistiques, mais l'influence positive qu'il exerce sur son équipe n'a tout simplement pas son égale.

Au Québec, les Patriots sont adulés ou méprisés. Il n'y a pas de zone grise. Certains diront que Brady ne mérite pas pareil honneur en n'ayant pas joué une saison complète. Je pense, au contraire, que cela ne fait que renforcer sa candidature. Encore bien des choses peuvent se produire lors des trois derniers matchs du calendrier. Le rendement individuel, mais aussi collectif, des joueurs cités dans ce billet, ainsi que de leur équipe, feront foi du choix final. Mais si la saison se terminait aujourd'hui, mon vote pour le titre de joueur le plus utile irait à Brady.

Et vous, qui est votre «MVP» jusqu'ici?