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Ce couteau prouve que les Autochtones voyageaient loin

Il aurait été retrouvé à plus de 1000 km de l’endroit de sa fabrication

couteau archéologie
Photo Courtoisie Marianne-Marilou Leclerc, archéologue au Parc national du Lac-Témiscouata, et le couteau amérindien trouvé sur le site du parc.

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SQUATEC | La découverte d’un couteau amérindien rougeâtre de plus de 1000 ans au Parc national du Lac-Témiscouata viendrait appuyer l’idée que les Autochtones avaient un réseau commercial très vaste à cette époque, au moins du Grand Nord jusqu’au Bas-Saint-Laurent.

L’archéologue Marianne-Marilou Leclerc fait des fouilles dans le parc national du Lac-Témiscouata depuis quatre ans. Alors qu’elle cherchait des artéfacts, en septembre dernier, elle a découvert un intrigant biface de couleur rougeâtre brisé en deux.

La couleur rougeâtre du couteau a fasciné l’archéologue parce qu’on ne retrouve ce type de pierre que dans le Grand Nord.
Photo courtoisie
La couleur rougeâtre du couteau a fasciné l’archéologue parce qu’on ne retrouve ce type de pierre que dans le Grand Nord.

La pierre l’a fascinée parce que la matière dont est fait le couteau provient d’une source inconnue et que la couleur ne ressemble pas à ce qu’elle trouve habituellement.

« Pas le même rouge »

«On a vérifié dans les collections de référence dans les régions autour, mais les pièces trouvées n’ont pas du tout le même rouge», a dit l’archéologue.

Cette découverte s’est ajoutée à une autre, également récente, soit celle de déchets de taille de pierres provenant du Labrador. Ces pierres et le fameux couteau, qui pourrait provenir du Grand Nord, à plus de 1000 km de l’endroit où il a été découvert, confirmeraient que des groupes se déplaçaient loin avec leurs matériaux et faisaient des échanges à cette époque.

«On se doutait qu’il y avait des réseaux d’échange très vastes, mais de pouvoir le confirmer et le soutenir avec ces découvertes dans la région du Témiscouata, c’est très emballant», se réjouit Marianne-Marilou Leclerc.

Hypothèses à vérifier

À la suite de la découverte, la première hypothèse avancée par les spécialistes était que la pierre avait été chauffée, mais le manque de marques d’éclatement évidentes laisse penser qu’elle pourrait être rouge naturellement. «Habituellement, quand la pierre est chauffée, la couleur rouge n’est pas uniforme comme c’est le cas ici», souligne l’archéologue.

Cette dernière travaille actuellement à comparer la trouvaille avec d’autres archéologues spécialisés de la province.

Le site archéologique en question, le Jardin des mémoires, est ouvert au public. Il pourrait dater de 1000 à 2000 ans et il est en processus de datation.

Cet été, on a également trouvé un foyer intact où se trouvaient des restes de matières organiques, comme de la végétation ou de la nourriture, dont on cherchera à connaître la nature et le moment où elles ont été jetées dans le feu.