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Une PME québécoise unique au monde

L’entreprise invente une façon de recycler le polystyrène

GEN-POLYSTYVERT
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean Solenne Brouard Gaillot, présidente de Polystyvert, a l’ambition de recycler le polystyrène partout dans le monde.

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La PME montréalaise Polystyvert est la seule au monde à réussir la transformation du polystyrène sous forme liquide et à le recycler pour en refaire du neuf.

Le polystyrène est le cauchemar des marchands qui pestent contre les volumes énormes qu’ils accaparent dans les conteneurs à déchets. Le matériau, qui sert à protéger les objets et les aliments, est solide, ultraléger, mais n’a pas de valeur marchande suffisante pour être recyclé.

Depuis plusieurs d’années, des expériences de récupération sont annoncées, mais sans succès. En 2011, Sony prétendait avoir mis au point un procédé de dissolution du polystyrène, qui s’est avéré inefficace lorsqu’il a passé l’épreuve de l’application concrète.

Solenne Brouard Gaillot, une jeune entrepreneure montréalaise diplômée en administration des affaires, a décidé de refaire le travail de recherche avec des subventions obtenues de Recyc-Québec et du programme fédéral Technologies du développement durable Canada.

Elle a pu ouvrir une première usine sur le boulevard Pie-IX à Montréal et créer un prototype avec le soutien d’universitaires.

«Avec un ingénieur chimiste de Polytechnique, on a trouvé le problème, à la fin de 2014. On a vu la lumière au bout du tunnel. Mais on avait un truc qui fonctionnait uniquement dans un bécher. Il fallait développer un prototype », avoue la présidente de Polystyvert.

Le procédé permet de dissoudre sous forme liquide le polystyrène à l’aide d’une huile essentielle végétale. Récupéré et solidifié sous forme de pastilles, il peut être revendu sur le marché du recyclage pour être réutilisé dans un procédé de fabrication de polystyrène neuf.

Anges financiers

Solenne Brouard Gaillot avait cependant besoin de plus d’argent pour commercialiser son procédé chimique. Elle a profité de ses deux grossesses pour se mettre à la conquête d’anges financiers qui croiraient en sa démarche et qui accepteraient de financer l’installation d’une plus grande usine à Anjou.

Un montage financier de 5 M$ a finalement été complété avec l’aide du fonds d’investissement Cycle Capital Management Inc. et d’un prêt bancaire.

Dix concentrateurs de polystyrène ont été manufacturés et distribués auprès d’entreprises qui accumulent beaucoup de ces matériaux dans leurs entrepôts. Ces concentrateurs de la dimension d’une boîte postale sont conçus de manière que les morceaux de polystyrène qu’ils reçoivent sont facilement manipulables et liquéfiés, grâce au procédé à base d’huile essentielle. La firme Sobeys a lancé un projet pilote dans certains de ses supermarchés, en collaboration avec une tierce partie.

Exporter la technologie

La technologie commence à peine à s’installer chez les commerçants, mais cela n’empêche pas la femme d’affaires de rêver grand. Elle planifie vendre sa découverte partout au Québec, en Amérique du Nord et en Europe.

D’ici 2018, l’équipe de Polystyvert veut construire une grande usine à Montréal, avec l’aide de partenaires financiers. Au départ, elle entend cibler spécifiquement les marchés de New York et de la Californie. Et se doter de capacités de réponses rapides aux demandes en provenance d’entreprises qui voudront recycler d’autres types de polystyrènes.


UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

«M’être entourée d’Anges Québec. Ils sont de bon conseil.»

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

«Ne pas aller assez vite.»

UN CONSEIL AUX JEUNES ENTREPRENEURS

«Rêvez, travaillez fort et entourez-vous de conseillers expérimentés.»

La compagnie

Polystyvert

  • Domaine d’affaires: recyclage du polystyrène par un procédé chimique
  • Basée à Anjou, Montréal
  • Actionnaires: Solenne Brouard Gaillot, Anges financiers, Anges Québec, Cycle Capital Management Inc.
  • Nombre d’employés: de 10 à 30