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Fiscalité agricole: Paradis fera appel à un expert

Le ministre veut mettre fin à une guerre de chiffres qui oppose le provincial et l’UPA

Le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis
Photo Simon Clark Le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis

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Le ministre de l'Agriculture Pierre Paradis nommera un expert en fiscalité municipale afin de mesurer l'impact de sa réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles.

«En cordant mon bois en fin de semaine, je me suis dit qu'une avenue de solution intelligente serait de nommer un expert indépendant qui dirait c'est quoi les vrais chiffres (...) Quelqu'un qui n’est pas au gouvernement ni à l'UPA», a confié M. Paradis à l'occasion d'un entretien avec notre bureau parlementaire.

Le ministre Paradis souhaite ainsi mettre un terme à la guerre de chiffres qui l'oppose à l'Union des producteurs agricoles (UPA) au sujet du recalcul du remboursement de taxes foncières aux agriculteurs tel que prévu dans le dernier budget du ministre des Finances Carlos Leitao.

Québec propose d'instaurer, à compter du 1er janvier 2017, un taux unique (78 %) de remboursement de taxes foncières aux agriculteurs et d'augmenter le nombre d'agriculteurs admissibles. L'UPA soutient que la réforme ne prend pas suffisamment en compte la forte augmentation de la valeur des terres agricoles situées près des grands centres et prévoit que les comptes de taxes vont augmenter de 30 % à 40 %.

«Ça me prend quelqu'un qui est au-dessus de tout soupçon, qui connaît la fiscalité municipale (...) Le ministère des Finances a mis des chiffres sur la table le printemps dernier. L'UPA a fait des scénarios avec des logiciels. Il y a une disparité entre les deux qui est difficile à comprendre pour le commun des mortels. Quant on recherche des solutions, on dit on va donner ça à un spécialiste qui va démêler ça, qui a une réputation au-dessus tout soupçon.»

« Avoir l’heure juste »

Pierre Paradis dit avoir quelques noms à l'esprit. «J'ai quelques noms, mais tant qu'ils n'ont pas été contactés, qu'ils n'ont pas manifesté un intérêt. Je regarde dans le monde universitaire, a indiqué le ministre. À partir du moment où ça va être sur la place publique nos téléphones vont sonner», souhaite M. Paradis qui présentera sa proposition au conseil des ministres cette semaine. «Je me mets dans les bottes d'un agriculteur, il a le droit d'avoir l'heure juste», a terminé M. Paradis.

Pour sa part, le député péquiste André Villeneuve suggère au ministre de consulter l'UPA avant de choisir son expert. «Le lien de confiance est brisé entre le ministre et le monde agricole. S'il veut s'assurer qu'il n'y aura pas de contestation, qu'il s'entende avec l'UPA», souhaite M. Villeneuve.