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Les juristes votent pour continuer leur grève

Les juristes votent pour continuer leur grève
Photo RÉGYS CARON

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Les 1100 juristes de l'État rejettent massivement les dernières offres du gouvernement et votent à 90% pour poursuivre leur grève générale.

«Le gouvernement nous traite avec mépris», a déclaré le président de l'Association des notaires et des avocats de l'État québécois (LANEQ), Me Jean Denis, au terme d'une assemblée générale tenue simultanément à Montréal et à Québec, ce mardi.

Le résultat du vote indique la colère et la détermination des membres de LANEQ, a signifié Me Denis.

Les quelque 875 syndiqués présents à cette assemblée générale ont rejeté à 97% les dernières propositions du président du Conseil du Trésor, Carlos Leitao.

La grève avait été déclenchée le 24 octobre avec l'approbation de 84% de membres. LANEQ soutient avoir retardé la préparation d'une vingtaine de projets de loi, de plus de 200 projets de règlement et forcé le retard de quelque 5000 causes devant les tribunaux, dont 1500 en matière pénale. De même, le gouvernement a attribué des contrats pour «plusieurs centaines de millions $» sans accéder à l'expertise de ses juristes, soutient LANEQ.

Si la grève devait se poursuivre jusqu'à l'ouverture de la prochaine session parlementaire en février, le menu législatif sera mince, promet Me Denis. «Tout l'appareil gouvernemental sera paralysé parce qu'il n'y a pas de règlements qui sont faits. Au niveau législatif, on va se rendre assez loin dans notre grève pour mettre du gros sable dans l'engrenage de la prochaine session. Et la session risque d'être d'ultra minceur (...) Le gouvernement pensait qu'on rentrerait à genoux, les membres viennent de dire non. Il va avoir l'odieux de nous laisser dehors pendant le temps des fêtes», a prédit Me Denis.

Les membres de LANEQ ont aussi accepté de verser une contribution supplémentaire à leur fonds de grève. Le syndicat n'a pas précisé le montant qui sera versé, se limitant à dire qu'il s'agissait de «quelques milliers de dollars» pour chaque syndiqué. L'argent servira à rembourser un emprunt sur une période de 42 mois. Ils ont aussi rejeté une proposition de rentrer au travail et de faire la grève du temps supplémentaire.

Les négociations entre LANEQ et le gouvernement sont retombées dans une impasse la semaine dernière après le refus du président du Conseil du trésor de créer un «comité de rémunération exploratoire» dont le mandat aurait été de formuler des recommandations, non pas au gouvernement, mais au Bureau de l'Assemblée nationale.

LANEQ dit avoir fait un compromis en mettant de côté sa demande de remplacer le mode de négociation traditionnel par une procédure d'arbitrage. Elle exige d'obtenir le même statut que les procureurs de la Couronne.