/news/education
Navigation

Négociations: le Syndicat de l'Université Laval hausse le ton

Coup d'oeil sur cet article

Les membres du Syndicat des employés de l’Université Laval (SÉUL) durcissent le ton dans leurs négociations et promettent de provoquer une grève générale illimitée si l’employeur ne collabore pas sur certains dossiers.

Un blocage important divise les deux parties sur les régimes de retraite. L’Université Laval demande 24 millions de $ en cotisations, tandis que son syndicat en suggère la moitié.

«Notre proposition respecte pourtant toutes les dispositions de la loi sur les modifications des régimes de retraite en secteur universitaire, a noté le conseiller syndical Éric-Jan Zubrzycki. L’institution est extrêmement gourmande, et c’est déraisonnable.»

Contre-attaque financière

Si les besoins de ses collègues ne sont pas entendus d’ici la fin de la période des fêtes, M. Zubrzycki entend mener une dure campagne contre l’Université Laval, afin de lui faire perdre des revenus. «Le Syndicat canadien de la fonction publique va nous appuyer et nous donner carte blanche pour diriger ça et nuire au financement», a-t-il assuré.

Pour y arriver, le SÉUL entend aviser tous les futurs étudiants des dangers d’une admission à Québec. Il espère ainsi engendrer une baisse significative du nombre d’inscriptions dès cet hiver. «On a les moyens d’informer les étudiants partout au Québec, en France et même en Afrique francophone, a-t-il indiqué. Un étudiant qui ne fait pas de demande représente une somme de 30 000 $, puisque c’est toute une cohorte qui ne le fait pas.»

Les membres du syndicat inviteront les universitaires de demain à ne pas s’inscrire à l’Université Laval, le risque de grève étant beaucoup trop grand pour l’instant. Éric-Jan Zubrzycki y voit là une preuve de son soutien envers la communauté étudiante.

Précarité inévitable

En moyenne, un jeune salarié qui entre à l’Université Laval actuellement verra son niveau de vie diminuer de 60% jusqu’à la fin de sa carrière, selon le conseiller syndical. Un fait scandaleux, rappelle-t-il, dans le contexte où la moyenne salariale des employés n’est en rien comparable à celle de la direction.

«Sachant qu’on est à 30 000 $, ce montant-là va valoir approximativement 12 000$ dans 25 ans en dollars constants, a-t-il envisagé. C’est carrément d’acculer le monde à la pauvreté, et c’est ça la position de l’université.»

Pour l’instant, le SÉUL entre dans une trève des discussions, qui s’achèvera le 3 janvier, au retour du temps des fêtes. Une dizaine de rencontres de conciliation entre les deux parties sont prévues d’ici la fin du mois de février.

Ces consultations ne résulteront pas nécessairement en une négociation pertinente, a prévenu M. Zubrzycki, soulignant que l’institution d’enseignement ne semble pas du tout vouloir d’une nouvelle convention collective à long terme.