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Nouvelle passion après l’amputation

Une adolescente atteinte d’un cancer de la hanche s’est tournée vers le hockey sur luge

Miraculé de la médecine - Raphaëlle
Photo Ben Pelosse À 14 ans, Raphaëlle Tousignant est heureuse d’avoir trouvé un nouveau sport adapté à sa condition. Elle joue aujourd’hui pour l’équipe féminine canadienne de hockey sur luge.

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Amputée de la jambe droite pour survivre à un cancer, une sportive de 14 ans fait preuve de résilience grâce au hockey sur luge, et s’est même taillé une place dans l’équipe canadienne.

«Je n’ai pas eu peur de mourir. J’avais surtout peur de ne pas me retrouver un sport», dit candidement Raphaëlle­­ Tousignant, de Terrebonne.

«On lui a demandé d’être une battante. Évidemment, c’est ce qu’elle a été», ajoute sa mère Valérie Robitaille.

Elle joue pour l’équipe féminine canadienne de hockey sur luge.
Photo collaboration Robert Grégoire
Elle joue pour l’équipe féminine canadienne de hockey sur luge.

Une bosse comme une orange

Hyper sportive et en santé, cette adolescente de Terrebonne a vu sa vie complètement basculer après une chute lors d’une partie de ringuette, en 2012. Âgée de 9 ans, l’enfant a vu une «bosse» sortir près de sa hanche droite.

«Elle a eu un peu mal, mais c’était à peine enflé, se rappelle sa mère. On pensait que c’était une ecchymose, mais après elle s’est mise à boiter.»

En juin 2012, la bosse avait atteint la taille d’une orange. Rapidement, le pédiatre­­ de Raphaëlle l’a envoyée passer des tests à l’hôpital et le pire scénario a été confirmé: cancer des os dans la hanche (ostéosarcome).

«C’est vraiment comme un coup de masse dans le front, dit la mère. Ton enfant est en super forme, et du jour au lendemain, on apprend que c’est une tumeur.»

Seule option pour vivre

Durant trois mois, Raphaëlle a fait une dizaine de traitements de chimiothérapie. Or, en septembre 2012, les médecins ont constaté que le cancer continuait de progresser.

«Ça arrive que la tumeur ne réponde pas bien, on ne pouvait pas sauver son membre», dit le Dr Robert Turcotte, qui a opéré l’enfant.

Devant la terrible annonce, Raphaëlle­­ a accepté sa situation avec une résilience déconcertante.

«Je savais que les prothèses étaient une solution, que je pourrais marcher, se rappelle-t-elle. Mais, il fallait que je me retrouve un sport.»

«Elle avait la résilience et une naïveté qui font que tu ne vois pas plus loin que le moment présent. Pour elle, c’était correct», dit sa mère.

«Tombée en amour»

Le 17 octobre 2012, Raphaëlle a subi l’amputation de sa jambe droite, du bassin et de sa hanche. Il ne lui reste qu’un moignon du muscle de sa fesse pour appuyer la prothèse.

Bien que les mois suivants aient été difficiles, Raphaëlle a appris à vivre avec son handicap. Grâce à son père, la fillette s’est vite tournée vers le hockey sur luge (pour handicapés).

«Je suis allée essayer un samedi matin, et je suis tombée en amour», dit-elle.

Récemment, Raphaëlle a été sélectionnée pour l’équipe canadienne. Elle est la plus jeune joueuse. Après un tournoi en Europe, elle ira à Winnipeg bientôt.

«On ne pense pas qu’on peut tout faire, mais en voyant les autres joueurs, je vois qu’on peut. Ça aide à développer une confiance en soi», dit Raphaëlle.

«De voir que Raphaëlle ne s’est pas laissée abattre et qu’elle fonce encore plus, c’est une fierté et un baume sur notre cœur, ajoute sa mère. Maintenant, elle est comme ça et c’est tout.»

Raphaëlle Tousignant

  • 14 ans
  • Terrebonne
  • Cancer des os
  • Hôpital de Montréal pour enfants

«Les gens comprennent ma situation, mais pas autant que mes coéquipières. C’est le fun de voir qu’elles ont de bons emplois, qu’elles voyagent. Ça donne de la confiance »

– Raphaëlle