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Elle célèbre Noël sans famille mais avec des punaises de lit

La Ville a tardé à envoyer un exterminateur, qui n’a finalement pas réglé le problème

Punaises de lits à Noël
Photo Améli Pineda À Noël, des sacs de plastique remplis de vêtements ornaient le plancher de Mme Lavoie près du sapin où on aurait dû trouver des cadeaux.

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À 87 ans, Madeleine Lavoie a vécu le pire Noël de sa vie. La Montréalaise n’a pas pu voir les membres de sa famille par peur de leur transmettre les punaises de lit qui infestent son logement.

«Je trouve ça inhumain. J’ai tellement pleuré, je me demandais pourquoi ça devait tomber à Noël, mais je ne pouvais pas me permettre de recevoir quelqu’un ici», raconte Madeleine Lavoie, la gorge nouée.

Limitée dans ses déplacements en raison de problèmes de cœur et de mobilité, la mère de quatre enfants a «célébré le temps des Fêtes avec les punaises de lit».

Tristesse

«Je suis triste. Je ne veux pas faire pitié. Je veux juste avoir ce qui m’est dû et je pense que j’ai encore le droit de vivre dans des conditions décentes», confie la dame qui habite depuis 26 ans un logement du boulevard René-Lévesque de l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM).

L’ancienne serveuse partage son logement de 970 $ par mois avec l’une de ses filles.

Mme Lavoie a été piquée pour la première fois le 19 novembre. Elle a tout de suite téléphoné à l’OMHM. Ce n’est qu’un mois plus tard, le 19 décembre, que l’exterminateur est passé, mais le problème n’est pas réglé depuis. Elle continue de se faire piquer lorsqu’elle dort.

Elle a accroché des vêtements sur son balcon pour que le froid tue les punaises en attendant la prochaine visite de l’exterminateur.

L’OMHM dit tenter d’agir dans les sept à 10 jours suivant une plainte, mais, dans le cas de Mme Lavoie, le temps des Fêtes complique la tâche. L’entreprise d’extermination engagée par l’OMHM a pris quelques jours de congé.

«C’est une situation triste et nous y sommes sensibles, mais nous nous assurerons que cela se fera dans les meilleurs délais», dit Marie Bouchard, de l’OMHM.

Jeudi, des vêtements étaient encore accrochés sur son balcon et recouverts de bâches.
Photo Améli Pineda
Jeudi, des vêtements étaient encore accrochés sur son balcon et recouverts de bâches.

Traitement devancé

À la suite d’appels du Journal concernant le cas de Mme Lavoie, l’OMHM a devancé la date du deuxième traitement. Prévu pour le 9 janvier, il aura lieu le 5 janvier.

«Son dossier a été réévalué», s’est contentée d’expliquer Mme Bouchard.

Un employé de l’OMHM devait également aller porter un nouveau couvre-matelas à Mme Lavoie jeudi.

L’OMHM dit faire beaucoup de prévention auprès de ses locataires pour éviter la propagation de punaises de lit. L’organisme prévoit faire une tournée de l’édifice de 86 logements le 12 janvier.

«La réalité, c’est que je vais passer aussi le jour de l’An enfermée chez moi, conclut Madeleine Lavoie. Je n’ai pas le moral de sortir et j’ai toujours peur de transmettre les bibittes.»