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Les éoliennes au service des démunis

Les profits sont réinvestis pour la population du Bas-St-Laurent

éolienne rivière-du-loup
Stéphanie Gendron Amélie Guérette, commis-récupérateur d’aliments au Carrefour d’initiatives populaires de Rivière-du-Loup, remet des denrées. L’organisme a récolté 20 000 $ grâce aux éoliennes.

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RIVIÈRE-DU-LOUP | Des gens pauvres ont été nourris, des décrocheurs sont retournés sur les bancs d’école et des jeunes défavorisés ont pu faire de la musique avec l’argent des éoliennes dans le Bas-Saint-Laurent.

Karine Jean a «pleuré de joie pendant trois jours», lorsqu’elle a su que le Carrefour d’initiatives populaires de Rivière-du-Loup, qui aide les démunis à manger à petit prix, encaisserait 20 000 $ grâce à l’argent généré par les éoliennes. L’organisme peut aider pratiquement 1000 personnes de plus.

«Ça met l’essence dans le camion qui va chercher les aliments, ça paye les factures, ça fait qu’on est moins essoufflé», dit l’agente de développement Karine Jean.

Dans plusieurs régions, des citoyens se sont opposés à l’implantation des éoliennes, mais dans le Bas-St-Laurent, une partie des profits est réinjectée dans la communauté.

L’argent du vent

Les 12 éoliennes qui tournent dans la grande région de Rivière-du-Loup depuis 2013 ont commencé à rapporter pas mal d’argent et 71 organismes se sont partagé 700 000 $ depuis.

«Et ce n’est pas fini», affirme le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup Michel Lagacé. «Jamais la MRC n’aurait pu aider autant de gens et d’organismes comme ça sans les éoliennes.»

La MRC est propriétaire à 50 % du parc éolien. L’autre moitié appartient à une entreprise privée, Innergex Énergie Renouvelable. La MRC distribue chaque année l’argent récolté à des organismes de la région.

Décrocheurs et musiciens

France Bourgouin est catégorique. Le vent a aidé des décrocheurs à retourner sur les bancs d’école dans le Bas-Saint-Laurent. «Le projet Filet d’Étape Normandie prenait fin en 2014 si on n’avait pas eu les 10 000 $ que la MRC nous a remis», dit-elle. Le Filet aide chaque année une quinzaine de jeunes de 16-30 ans à retourner aux études.

L’École de musique Alain-Caron a aussi profité de l’argent des éoliennes, soit 25 000 $ pour que 50 jeunes défavorisés financièrement ou socialement fassent de la musique ou chantent.

«Par leur prestation dans huit résidences de personnes âgées, ils ont pu à leur tour apporter à plus de 200 personnes des apprentissages musicaux, donnant à chacune des petits moments de bonheur», a dit Marie Pelletier, directrice.

Et les autres

Les centaines de milliers de dollars que se sont partagés les organismes ont aussi permis à des enfants d’aller au camp, de soutenir un projet de service de garde communautaire, d’assurer la transition du CLD, d’aider la Maison de la famille locale et d’épauler un championnat de golf, entre autres.

Ils ont été aidés grâce à l’argent des éoliennes

  • Club Amiski, chalet pour le ski de fond : 5000 $
  • Festival Country de Saint-Antonin, soutien à l’organisation : 29 000 $
  • Chambre de commerce, programme d’achat local : 3500 $
  • Centre culturel de Rivière-du-Loup, remplacement du système de son : 10 000 $
  • Marché public, embauche d’une ressource : 10 000 $
  • Centre d’archives, achat d’étagères mobiles : 10 000 $
  • Moisson Kamouraska, maintien des services de la Boîte fraîcheur : 7000 $
  • Manoir de Saint-Antonin, projet d’habitation communautaire : 5000 $
  • La Manne Rouge, relance de la production d’un verger pour plateau d’insertion sociale : 60 000 $