/sports/others
Navigation

Ski de fond: Québec appelée d’urgence

Les finales de la Coupe du monde pourraient se tenir sur les plaines au lieu de la Russie

Si Québec accepte de remplacer la Russie au pied levé, les plaines d’Abraham accueilleront à nouveau Alex Harvey et les finales de la Coupe du monde en mars prochain.
Photo d'archives Annie T Roussel Si Québec accepte de remplacer la Russie au pied levé, les plaines d’Abraham accueilleront à nouveau Alex Harvey et les finales de la Coupe du monde en mars prochain.

Coup d'oeil sur cet article

Si Québec répond à l’appel d’urgence de la Fédération internationale de ski (FIS), les plaines d’Abraham accueilleront Alex Harvey et les finales de la Coupe du monde de ski de fond pour une deuxième année de suite du 17 au 19 mars prochain, a appris Le Journal.

Le désistement de Tyumen en Russie, qui a renoncé la semaine dernière à présenter les dernières courses de la saison dans la foulée du scandale de dopage qui éclabousse ce pays, amène la FIS à se tourner vers Québec pour frapper en relève.

«Québec est la première option», nous confirme le directeur des épreuves de ski de fond à la FIS, Pierre Mignerey, joint durant les préparatifs du Tour de Ski qui s’ébranle demain en Suisse.

«On a d’autres options, mais qui sont traditionnelles, notamment en Finlande,

Norvège et Suède. Même si, sur un plan logistique, ce serait peut-être plus simple que de venir à Québec, sur un plan d’équilibre dans le calendrier et d’opportunité pour le Canada, ça semble intéressant pour nous de donner cette chance à nouveau à Québec», affirme Mignerey, en référence aux finales en mars 2016 qui furent étalées en huit courses à Gatineau, Montréal, Québec et Canmore.

En mode accéléré

La société Gestev, qui a renforci ses relations avec la FIS en faisant des Coupes du monde de mars dernier et de décembre 2012 des succès populaires, a été approchée pour étudier la faisabilité d’un tel événement à moins de trois mois d’avis.

Cette offre a déclenché un branle-bas chez la firme québécoise et Ski de fond Canada. Des rencontres précipitées ont été organisées avec la Ville de Québec et la Commission des champs de bataille nationaux, qui gère les plaines d’Abraham.

«La Ville semble favorable à première vue et donnera son avis la semaine prochaine», dit prudemment le président de Gestev, Patrice Drouin, appelé à commenter ce projet aussi soudain que secret.

Avec les délais serrés, Québec et la FIS ont convenu que les premiers signes sur la faisabilité de ce chantier devront être donnés au début de janvier.

«Sur le plan organisationnel, on n’a aucun doute qu’on est capable de produire. Il y a cependant beaucoup d’autres ficelles à attacher rapidement», avise Drouin, citant entre autres le financement.

«Si les conditions sont réunies, on n’hésitera pas trop longtemps», a notamment laissé entendre Mignerey, qui précise que «la semaine prochaine, il faudra qu’on sache si on doit activer d’autres pistes qu’on a ou si on se concentre sur le dossier de Québec».

Harvey: « Un autre objectif »

Le scénario de Québec prévoit trois courses, autant pour les hommes que pour les femmes, plutôt que les quatre que devait tenir Tyumen. Dans le cas d’Alex Harvey et de l’élite masculine, le programme se déclinerait en un sprint individuel en style classique, une épreuve de 15 km classique avec départ groupé le lendemain et une poursuite de 15 km en pas de patin en conclusion.

«Clairement, ça deviendrait un autre objectif pour moi», nous confie Alex Harvey en imaginant ce mini-tour dans sa région, deux semaines après les championnats du monde en Finlande.

Une relation de plus en plus étroite avec la FIS

À quelques heures de l’éprouvant Tour de ski, il reste du temps dans les conversations entre les skieurs pour y glisser le nom de Québec.

L’attribution des finales de la Coupe du monde de ski de fond, prévues à la mi-mars, s’inscrit comme un sujet d’actualité depuis que la Ville de Tyumen en Sibérie a annoncé son forfait la semaine dernière.

«Pour moi et pour toutes les équipes, ce serait vraiment cool», nous dit Alex Harvey, premier témoin du capital de sympathie que génère Québec parmi les acteurs de la Coupe du monde depuis le passage sur les plaines d’Abraham en mars dernier.

Une alliance de plus en plus naturelle entre les organisateurs québécois et la Fédération internationale de ski (FIS) semble avoir influencé celle-ci dans l’idée de se tourner vers les plaines d’Abraham comme solution d’urgence à la Russie. La FIS souhaite rappliquer ici même si Harvey et les meilleurs skieurs de la planète ont défilé au centre-ville de Québec il y a à peine 10 mois.

«On a toujours dit que ça nous avait plu chaque fois qu’on était venus à Québec, et qu’on reviendrait le plus souvent qu’on pourrait le faire. Avec les Jeux olympiques en Corée (2018) et ensuite en Chine (2022), ça va devenir compliqué pour nous de faire à la fois l’Amérique du Nord et l’Asie. Là, il y a une opportunité (d’aller à Québec), et si les conditions sont réunies, on n’hésitera pas trop longtemps», affirme Pierre Mignerey, directeur à la FIS.

Une troisième visite

Si la firme Gestev accepte de remplacer la Russie au pied levé, la Coupe du monde envahira les abords du Parlement pour la troisième fois. Deux épreuves de sprint en décembre 2012 et deux autres courses en mars dernier avaient laissé une impression favorable aux dirigeants de la fédération internationale.

«Si ça ne marche pas de notre côté, on va être très reconnaissants envers la FIS d’avoir pensé à nous. L’exercice de réflexion va avoir valu la peine parce que la Coupe du monde va revenir ici un jour», projette le président de Gestev, Patrice Drouin, rappelant que des dates sont déjà prévues au calendrier de la FIS pour deux épreuves en décembre 2019.