/news/society
Navigation

La dure bataille d’une accidentée

Sarah-Maude s’est réveillée un mois après une grave collision à motoneige à Lac-Beauport l’hiver dernier

Sarah-Maude a rencontré Le Journal à sa résidence de Lac-Beauport, l’endroit même où son accident de motoneige lui a presque coûté la vie. Dans les prochaines semaines, une quinzième opération attend la jeune dame. Une opération qui, espère-t-elle, sera la dernière. 
Photo Didier Debusschère Sarah-Maude a rencontré Le Journal à sa résidence de Lac-Beauport, l’endroit même où son accident de motoneige lui a presque coûté la vie. Dans les prochaines semaines, une quinzième opération attend la jeune dame. Une opération qui, espère-t-elle, sera la dernière. 

Coup d'oeil sur cet article

Véritable force de la nature, Sarah-Maude Tremblay a miraculeusement survécu à un terrible accident de motoneige l’hiver dernier à Lac-Beauport. Les médecins avaient annoncé à ses parents qu’ils devaient penser sérieusement au don d’organes.

C’est un miracle si Sarah-Maude est toujours vivante. La nuit du 20 février dernier ne fait plus partie des souvenirs de la jeune femme. Toutefois, les séquelles sur son corps lui rappellent qu’elle revient de loin, alors qu’elle a presque été déclarée morte après avoir percuté de plein fouet, avec un ami, sa résidence après un vol plané en motoneige.

Contrairement à ce qui a été véhiculé par certaines personnes dans les médias, il n’y avait pas de party ce soir-là dans la maison de Sarah-Maude et son amoureux.

Ils étaient allés manger au restaurant avec une amie avant de retourner tranquillement à leur résidence près du Lac-Tourbillon. Puis, ils sont allés faire une longue sortie en motoneige. «Mon copain venait de s’acheter un nouveau skidoo», dit la jeune femme clouée à son fauteuil roulant.

Le trou dans la façade de la maison démontre la force de l’impact de l’accident.
Photo d'archives
Le trou dans la façade de la maison démontre la force de l’impact de l’accident.

Pas de casque

Un ami est venu les saluer tard en soirée et il désirait essayer le nouveau bolide. Le copain de Sarah-Maude n’avait plus envie de sortir, alors elle s’est offert de l’accompagner lors d’une très courte sortie sur le lac, devant la maison. «La pire idée», avoue-t-elle.

Mon chum ne voulait pas qu’il fasse le fou avec, alors il aimait mieux que quelqu’un l’accompagne. On est parti et on a fait seulement un petit rond».

Pour une raison qui reste inconnue, au retour, la motoneige s’est envolée en direction de la résidence. Lors du drame, les policiers ont soutenu que la rive du lac, couverte de neige, aurait servi de rampe de lancement à la motoneige.

«On ne sait pas qui conduisait. Les deux on ne s’en souvient pas», relate-t-elle, étant incapable d’expliquer pourquoi elle n’avait pas de casque. «J’en porte toujours un», indique-t-elle.

Sarah-Maude s’est écrasée sur la maison et la motoneige a terminé son embardée dans le salon de la résidence. «Probablement qu’elle s’est cassé le dos sur la façade», souligne la mère de la jeune femme, Linda Guérin. Elle ne respirait plus lorsque les premiers répondants sont arrivés et les semaines suivantes ont été terribles pour la famille de la jeune étudiante en éducation spécialisée.

«C’était épouvantable. La première journée, ils nous ont dit qu’elle ne s’en sortirait pas», décrit la mère de Sarah-Maude.

Durant un mois, elle a été plongée dans un profond coma. Même une fois réveillée, elle était mêlée, ayant subi un dur traumatisme crânien.

«Je suis parti d’un lit d’hôpital ayant de la difficulté à parler, le dos et le cou cassés, le corps rempli de calcifications. J’en ai partout. Je ne marchais plus. Je ne suis pas paralysée, mais mes muscles ne sont pas assez forts», explique-t-elle soulignant la chance que la moelle épinière n’ait pas été touchée.

«Ça va vraiment mieux. J’ai eu des orthèses pour les jambes. Il faut attendre que les nerfs repoussent», dit-elle.

« Je vais réussir »

Personne ne peut affirmer qu’elle va marcher à nouveau. Toutefois, elle est sur bonne voie.

«Avec ma tête de cochon, je vais réussir», assure Sarah-Maude qui tient à remercier sa famille, ses amis et tout le personnel médical qui l’ont aidée. Sarah-Maude réside toujours au centre de réadaptation, à François-Charron (établissement connu maintenant sous le nom d’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec) les jours de semaine. «Ça aide vraiment», souligne-t-elle.

Pour le moment, la famille vit au jour le jour. Dans les prochaines semaines, une quinzième opération attend la jeune dame. Une opération qui, espère-t-elle, sera la dernière.