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Une chirurgie lui redonne sa mobilité

Amputé à une jambe à la suite d’un cancer, il est le 3e à avoir subi une plastie de rotation au Québec

William porte une prothèse dans laquelle vient se déposer son pied, qui agit à titre d’articulation du genou. Il a dû «reprogrammer» son cerveau afin de bien mouvoir sa jambe amputée à l’aide de techniques enseignées en réadaptation.
Photo Annie T Roussel William porte une prothèse dans laquelle vient se déposer son pied, qui agit à titre d’articulation du genou. Il a dû «reprogrammer» son cerveau afin de bien mouvoir sa jambe amputée à l’aide de techniques enseignées en réadaptation.

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Un jeune sportif de Saint-Jean-Chrysostome, qui a eu une partie de sa jambe gauche amputée en raison d’un cancer des os, pourrait enfin remonter sur une planche à neige cet hiver grâce à une rare chirurgie.

William Doré s’est même inscrit à une journée d’activité hivernale, à l’école, et espère pouvoir s’adonner à la planche à neige ce mois-ci. Puis, d’ici un an, il aimerait aller défier les vagues d’Hawaï et faire du surf grâce à la Fondation Rêves d’enfants.

À l’Action de grâce, en 2015, William, alors âgé de 15 ans, a gravi le mont Washington lors d’un voyage en famille, lui laissant quelques courbatures. Or, les jours ont passé et la douleur à sa jambe gauche est devenue insupportable au point de l’empêcher de marcher. William s’est rendu à la clinique pour effectuer des radiographies. Alors qu’il croyait retourner à la maison en attendant les résultats, il a dû se rendre à l’urgence de l’Hôtel-Dieu de Lévis.

«La radiologiste ne pouvait pas parler, mais je le voyais dans ses yeux que ce n’était pas beau ce qu’elle avait vu», a partagé Sara Fréchette, la mère de William. Les craintes de la famille se sont avérées fondées lors que le médecin de l’urgence leur a suggéré de prendre un rendez-vous en orthopédie oncologique à l’Hôtel-Dieu de Québec.

William en compagnie de sa mère  Sara Fréchette et de son père Denis Doré.
Photo Annie T Roussel
William en compagnie de sa mère Sara Fréchette et de son père Denis Doré.

Rare

Malgré une série d’examens, les spécialistes ne parviennent pas à identifier le type de cancer qui rongeait William. L’expertise de médecins de Miami, de New York et de Boston aura été nécessaire afin de découvrir, deux mois plus tard, que William souffrait d’un «sarcome à cellules rondes de type BCOR-CCNB3».

«Il y a seulement une dizaine de cas répertoriés dans le monde et ça ne fait pas longtemps qu’ils sont capables de le répertorier», a expliqué Mme Fréchette. «Le 4 décembre 2015, c’était une belle journée. C’est bizarre, mais le médecin nous a parlé des options de chirurgie et on est sorti en se disant qu’on allait enfin s’attaquer à cela.»

Plastie de rotation

En plus des traitements de chimiothérapie, William a appris qu’on devrait lui amputer une partie de la jambe gauche, sous le genou. Amateur de sports de planche et de basketball, entre autres, cette annonce a eu l’effet d’une gifle au visage. «Ça a fessé. Ça m’a donné un coup quand j’ai appris que j’avais le cancer et qu’on allait m’amputer la jambe.» Trois options lui ont été présentées et après mûre réflexion, William a opté pour la plastie de rotation (voir encadré).

«Je savais que c’était la meilleure option pour la mobilité. En plus, je gardais mon pied», a confié le jeune homme, qui a eu la chance d’être le 3e patient à subir une plastie de rotation au Québec. «Au début, je marchais avec des béquilles, puis une canne et là, je me déplace avec une prothèse temporaire.»

«Ma prothèse finale, je vais l’avoir éventuellement, mais parfois je vais avoir des prothèses spéciales pour aller dans l’eau, sauter, courir. Je devrais être correct pour faire tout ce que je veux», a conclu William qui a notamment nagé et joué au basketball depuis sa chirurgie.

William porte une prothèse dans laquelle vient se déposer son pied, qui agit à titre d’articulation du genou. Il a dû «reprogrammer» son cerveau afin de bien mouvoir sa jambe amputée à l’aide de techniques enseignées en réadaptation.
Photo Annie T Roussel

Plastie de rotation ( Plastie de Van Nes )

  • Praticable si la jambe est amputée près de l’articulation du genou.
  • Après avoir enlevé la tumeur osseuse, on tourne vers l’arrière ( rotation ) la partie de la jambe à laquelle sont encore fixés la cheville et le pied avant de la rattacher à la cuisse. C’est alors la cheville qui agit comme articulation du genou.
  • On utilise un membre artificiel ( prothèse ) muni d’un pied pour que la jambe soit aussi longue que l’autre.
  • Le vrai pied de la personne s’ajuste dans un fourreau situé à l’intérieur de la prothèse.
  • La plastie de rotation permet à la personne de marcher ou de courir assez normalement.
  • On peut pratiquer une plastie de rotation seulement si le cancer n’est pas présent dans la cheville et le pied et que l’apport sanguin et le réseau de nerfs sont suffisants dans la cheville et le pied une fois qu’ils sont rattachés.