/news/education
Navigation

Les 10 défis du ministre Sébastien Proulx

Plusieurs changements sont attendus en 2017 pour améliorer la réussite des élèves

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx
Photo d'archives, Simon Clark Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx

Coup d'oeil sur cet article

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a tout un chantier qui l’attend en 2017: élaborer la toute première politique qui vise à améliorer la réussite des élèves et à moderniser le réseau scolaire, 15 ans après une réforme qui n’a pas donné les résultats tant espérés. Les attentes sont grandes et le défi, énorme. Voici un bref aperçu de quelques pistes d’action qui sont à l’étude.

1- Intervenir tôt auprès des tout-petits

La priorité semble faire consensus, reste à répondre à la grande question: oui, mais comment? Si le ministre Proulx semble convaincu de l’importance d’intervenir dès la petite enfance, il lui reste à déterminer les moyens pour le faire efficacement. La fréquentation de la maternelle pour tous les enfants de quatre ans ne fait pas l’unanimité.

2- Apprentissage jusqu’à 18 ans

Pour lutter contre le décrochage scolaire et valoriser davantage l’éducation, Québec jongle avec l’idée de rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans ou jusqu’à l’obtention d’un premier diplôme, comme en Ontario. Les commissions scolaires, qui ont déjà de la difficulté à garder les jeunes à l’école jusqu’à 16 ans, sont sceptiques.

3- Revoir le financement des élèves en difficulté

Le dossier est aussi épineux que complexe. Présentement, un financement additionnel est versé pour un élève qui a un «code», découlant d’un diagnostic. Plusieurs réclament que les services ne dépendent plus de cette lourde mécanique, mais plutôt des besoins réels des élèves. Les syndicats d’enseignants, qui ont dénoncé à maintes reprises le manque de ressources, craignent plutôt que les services soient encore moins présents en l’absence d’un tel mécanisme de financement.

4- Davantage d’élèves en difficulté dans les écoles privées

Québec jongle avec l’idée d’intégrer davantage d’élèves en difficulté dans les écoles privées, qui y sont sous-représentés. Le réseau privé rétorque qu’il ne demande pas mieux, à condition que l’argent pour des services soit au rendez-vous.­

5- Réduire le nombre d’examens

Le ministre Proulx veut revoir la politique d’évaluation des élèves, qui passent «beaucoup trop de temps à préparer des examens plutôt que d’être en apprentissage», a-t-il déclaré récemment à l’Assemblée nationale. Cet enjeu a aussi été abordé par plusieurs intervenants lors des consultations menées cet automne.

6- Améliorer la qualité de l’enseignement

Pour améliorer la qualité de l’enseignement, faut-il créer un ordre professionnel des enseignants? Un institut d’excellence en éducation, afin de mettre de l’avant les meilleures pratiques démontrées par la recherche? Ou encore améliorer la formation continue? Le ministre Proulx devra trancher.

7- Revoir la grille-matières

Après avoir annoncé le retour obligatoire du cours d’économie en cinquième secondaire, le ministre devra décider s’il étend les projets-pilotes d’éducation à la sexualité à toutes les écoles l’an prochain. Il a aussi annoncé son intention de revoir le contenu du cours d’éthique et culture religieuse, qui a fait l’objet de nombreuses critiques récemment.

8- Prendre le virage numérique

Québec dit vouloir adapter l’école aux «compétences du 21e siècle», veut améliorer l’accès aux nouvelles technologies et jongle avec l’idée d’y introduire des notions de base en programmation informatique.

9- Améliorer la réussite des garçons

Le défi reste entier. Le ministre Proulx parle ouvertement de «sous-scolarisation des garçons», mais il est demeuré peu loquace jusqu’à maintenant sur les mesures concrètes à mettre en place pour renverser la vapeur.

10- Lutte à l’analphabétisme

Le ministre Proulx a affirmé à plusieurs reprises qu’il veut lutter contre l’analphabétisme et il a promis un plan d’action. Des millions supplémentaires ont été annoncés au début décembre pour les organismes qui interviennent auprès des adultes. Reste à voir comment il compte s’attaquer à la racine du mal afin de prévenir les problèmes de lecture dès les premières années à l’école.