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Une famille de Blainville séparée dans la panique

Ils étaient dans le Terminal 2 lorsque le tireur a ouvert le feu dans l’aire à bagages

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Un homme de Blainville a senti l’adrénaline monter en lui en se retrouvant coincé contre un mur et séparé de sa famille dans la panique provoquée par le tireur à l’aéroport de Fort Lauderdale.

«On était tous acculés contre un mur, un peu comme un mur d’exécution et je me suis dit: si le gars entre ici, on est fait», a raconté Charles Mongeau, qui devait rentrer à Montréal vendredi, après avoir passé les Fêtes en Floride avec sa famille.

Il venait de laisser sa femme, son fils de 12 ans, sa mère et sa belle-mère à l’autre bout du Terminal 2 pour aller chercher quelque chose à manger, lorsque la panique s’est déclenchée.

Le tireur aurait chargé son arme dans une salle de bain avant de faire un carnage dans l’aire de récupération des bagages.

Projeté contre le mur

À ce moment, Charles Mongeau patientait dans la file du restaurant Miami Grill. Il a soudainement été projeté contre un mur par la force de la foule affolée qui tentait de fuir.

«C’est comme si j’étais dans un safari en Afrique. Les gens s’empilaient en courant tous dans le même sens», a-t-il dit.

Mené par l’adrénaline

Un agent de sécurité a sommé tout le monde de se mettre au sol. Le Blanvillois en a profité pour se faufiler et tenter d’aller retrouver les siens.

«Quand tu réalises ce qui se passe, tu sens ça partir des pieds jusqu’au bout des doigts: c’est l’adrénaline qui entre en jeu et l’instinct de survie qui prend le dessus, a-t-il dit. Tous mes sens me paraissaient amplifiés. Moi qui vois embrouillé, je voyais tout d’un coup très clair et tout ce que je voulais, c’était retrouver ma femme et mon enfant.»

Dans le silence

Il s’est retrouvé dans l’aire d’attente du Terminal 2 qui avait été déserté par la foule. Un agent de sécurité lui a ordonné à nouveau de s’immobiliser au sol.

«Les gens avaient laissé toutes leurs affaires là, ça ressemblait à un champ de bataille. J’étais couché en silence à travers des bagages, des passeports, des iPad et des gougounes», a dit M. Mongeau.

De là, il a pu échanger des textos avec sa famille, qui avait été évacuée sur le tarmac de l’aéroport. Au bout d’une trentaine de minutes, il a pu les rejoindre.

«J’étais inquiet pour eux. Quand je les ai retrouvés, il y a eu un petit relâchement et on s’est pleuré dans les bras», a-t-il dit.

Ils se retrouvent au cœur de la tragédie

Une Montréalaise s’est retrouvée seule au cœur de la panique lorsqu’elle a entendu des coups de feu pendant qu’elle attendait son avion à l’aéroport de Fort Lauderdale.

«Ça va tellement vite. À un moment, j’ai vu tout le monde qui paniquait et qui courait, ça m’a comme pris deux secondes avant de réaliser que je venais d’entendre des coups de feu et de faire pareil», a dit Johanne Berry.

Elle est rapidement sortie sur le tarmac où elle a constaté l’affolement des milliers de voyageurs.

«Il y avait des gens en pleine panique. Certains tombaient et perdaient connaissance, d’autres figeaient», a-t-elle dit.

Les autorités ont permis à la foule de regagner le terminal au bout d’un certain temps, avant qu’un deuxième élan de panique ne se déclenche.

«Il y a en a qui se sont remis à courir et tout le monde à recommencer à paniquer et à courir à nouveau vers dehors», a dit Mme Berry.

Nombreux Québécois

De nombreux Québécois comme Johanne Berry se sont retrouvés dans l’affolement. L’aéroport international de Fort Lauderdale-Hollywood est le deuxième plus fréquenté par les Québécois aux États-Unis après celui de La Guardia à New York, selon l’aéroport de Montréal.

«Ils viennent de nous faire coucher par terre parce que ça tire dans le stationnement», a raconté Mathieu Vadeboncœur vendredi, alors qu’il était caché dans le rayon confiserie d’une boutique de l’aéroport.

Catherine Vachon se trouvait à l’étage des départs lorsque les coups de feu ont retenti. «On entendait les cris de panique des gens qui nous disaient de nous planquer. J’ai pris mon fils de 9 ans par la main et on s’est mis à courir en nous éloignant des coups de feu. On n’a pas pris le temps de voir», a-t-elle dit.

– Avec Benoît Philie et TVA Nouvelles

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