/entertainment
Navigation

La vérité sur... les journées pédagogiques

Empty school classroom with green chalkboard
Photo Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

«Une journée pédagogique demain? Un congé après deux semaines de congés? Ah, les profs. Toujours en vacances!»

Croyance populaire. Rumeur générale. Qui revient deux ou trois fois par année. Inévitablement. Comme la gastro. Ou les streptocoques.

Je l’entends à la radio. Dans la file à l’épicerie. Au garage.

Mais jamais de la part de mes proches. Jamais. Parce qu’ils savent.

Il y a tant à faire

Il y a un plateau de beignes et du café au salon du personnel.

Avant d’y faire le détour, pour souhaiter la bonne année aux collègues, je rassemble mes décorations de Noël.

Puis, j’utilise tout ce que j’ai de force, de souplesse et d’agilité pour réussir à monter toutes mes boîtes de déco sur le dessus de mes gigantesques armoires de classe.

Digne du Cirque du Soleil. Mais sans filet.

Ensuite, nettoyage des 26 bureaux, encore collants, de notre réveillon du 23.

Les replacer. Un par un. Nous les avions disposés en cercle. Pour faire chaleureux.

9 h: Le salon du personnel s’est vidé. J’offrirai mes vœux demain.

Je réorganise grosso modo mon coin-lecture. Puis, je nettoie mes tapis caoutchoutés en morceaux de casse-tête sur lesquels je ne peux envisager de laisser s’asseoir mes élèves.

Je dégarnis ensuite le long babillard du corridor de ses bricos de Noël plutôt ordinaires, le 9 janvier.

Brève rencontre avec les enseignants du comité des olympiades prévues à la fin du mois.

Coup d’œil rapide à mes courriels. Message de Maman-Nicolas. Il a subi une chirurgie mineure et sera absent pour deux semaines. Elle souhaite que je lui prépare quelques travaux qu’il ferait à la maison.

Et mon avant-midi qui s’effrite.

11:40. J’ouvre mon agenda. Mes guides pédagogiques.

Évitant du regard la pile de corrections.

Ma collègue apparaît. J’oubliais notre rencontre. Pour finaliser les détails de notre sortie de juin. Nous dînons finalement ensemble. Pour être plus efficaces.

À peine sortie de la classe, ce qui devait arriver arriva.

Ce que tous, nous appréhendions: un message à l’intercom nous convoquant à une «courte» rencontre à 13 h 30.

Pour ajuster les règles hivernales sur la cour de récréation. Avant le retour des enfants, demain.

Ça s’étire.

15 h 52.

Avec le temps...

Je n’ai pas planifié ma semaine. Ni fait le tour de l’école pour trouver le pantalon de neige de Sébastien tel que souhaité par son papa sur la boîte vocale de l’école.

Je n’ai pas rappelé l’ergothérapeute pour Sophie, mon élève autiste.

Pas plus que je n’ai corrigé la situation d’écriture de la mi-décembre.

Je n’ai pas non plus écrit mes cartes pour mes anniversaires de janvier. Ni envoyé à la reprographie mes évaluations.

J’aurais pu avoir une formation sur les auto-injecteurs d’adrénaline pour les enfants allergiques et une autre pour l’utilisation du nouveau photocopieur.

Mais elles ont eu lieu lors des pédagos de début d’année.

Je finirai bien par faire tout ce que j’ai à faire.

Mais apparemment pas pendant ma pédago.

Parce que les journées pédagogiques, comme tous les congés, passent toujours trop vite.