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VIDÉO | 5 questions à Yelo Molo

VIDÉO | 5 questions à Yelo Molo
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Leurs moments de gloire commerciale datent peut-être du début des années 2000, mais 15 ans plus tard, les gars de Yelo Melo continuent de faire vibrer les planches et d'attirer les foules à travers le Québec.

Le groupe ska Yelo Molo célébrait son grand retour à Québec jeudi à L'Anti Bar & Spectacles, avec pas une, mais deux performances au cours de la même soirée! Après une présence sur les Plaines d'Abraham en 2001 et un autre spectacle en 2004 dans la Capitale nationale, les musiciens n'avaient pas remis les pieds à Québec pour y jouer depuis plus de dix ans!

Peu importe, ils sont toujours en mesure faire lever la foule, notamment lorsqu'ils grattent, soufflent et frappent les notes de leurs succès Sabrina et Gros Zéro.

Le journaldequebec.com a profité de leur passage sur la rue Dorchester pour s'entretenir avec le groupe.


JDQ: Vous avez connu beaucoup de succès au tournant du millénaire. Comment vous sentez-vous de pouvoir encore faire des spectacles, une quinzaine d’années plus tard?

Stéphane Lamar (trombone): «Je dirais que ça nous fait plus plaisir de jouer ensemble. Chaque fois qu’on a un show, je me dis: "YES ! J’ai hâte de voir les gars, de jouer nos tounes, de faire de la musique." Je ne veux pas dire que ce n’était pas le cas avant, mais il y a des fois où tu joues beaucoup et, à un certain moment, tu es un peu fatigué de faire des shows, faire de la route, faire des shows. On est toujours content de se revoir. On s’amuse vraiment dans cette nouvelle dynamique.»

Stéphane Yelle (chanteur et guitariste): «C’est bipolaire un peu, les réactions au sein d’un band. Quand il y a un élan (derrière le groupe), tu dois jouer cinq fois par semaine. Le système n’est pas capable d’endurer ça. Maintenant, on a un beat qu’on aime bien. On n’est pas toujours dans les hôtels, et on fait un show une fois de temps en temps. On l’apprécie plus.»


JDQ: À travers les années, vous avez vieilli, maturé et fondé des familles. Est-ce que remonter sur scène vous permet de redevenir «des p’tits culs» l’instant d’une soirée?

SL: «Je dirais qu’avoir des enfants a un peu cet effet, mais c’est vrai que la musique, je ne dirai pas que c’est libérateur, mais ça nous permet de nous retrouver entre chums et de nous conter des anecdotes qui datent d’une quinzaine d’années. On part sur une «chire», et ce n’est pas tout le monde qui peut nous suivre là-dedans.»

SY: «Ce n’est pas les mêmes responsabilités (que la vie normale), être sur un stage. Quand tu es à la maison, c’est sûr que ton enfant mange et que tu essaies de bien l’éduquer. Ça fait vraiment du bien de mettre une autre paire de lunettes, de voir la vie autrement. On n'était pas plus ou moins sur le party il y a 15 ans. On avait juste un plus gros bottin téléphonique de personnes chez lesquelles on pouvait dormir!»

SL: «Je vais avouer qu’il y a quinze ans, faire la ride pour revenir à Montréal à 5 h du matin, ça serait plus facile qu’aujourd’hui! C’est une réalité qui nous rattrape.»

Yanick Boivin (batterie): «On parle des priorités, des familles, tout ça: la vie de jeune adulte fait qu’on a moins de responsabilités, qu’on veut se sentir vivant, se déstabiliser. En vieillissant, les choses importantes changent. Au risque de paraître cliché, c’est à ce moment que tu essaies d’être plus présent pendant le spectacle, simplement pour donner un bon spectacle. On réalise avec le temps que l’industrie de la musique, c’est un milieu difficile, et on est chanceux de pouvoir faire des shows, parce qu’il y en a d’autres qui aimeraient être à notre place. Il n’y a rien d’acquis. On chevauche presque deux décennies de musique. On a une place privilégiée. On ne sait jamais quand ça va arrêter.»


JDQ: Vous mentionnez que le milieu de la musique en est un très difficile. Qu’est-ce qui a changé le plus dans le monde musical entre les années 2000 et aujourd’hui, selon vous?

YB: «C’est cliché de parler de téléchargement. Ce qui a changé, c’est la façon de consommer la musique. Maintenant, pour les gens, c’est gratuit. Le bon côté, c’est que plein de gens qui n’auraient pas eu accès à ce que tu fais peuvent l’entendre. Il faut abandonner cette bataille.»

SY: «C’est un peu plus la loi de la jungle (qui domine). Tu ne vois plus le gars dans le studio qui va dire à ses artistes quoi faire. Les musiciens sont dans leur petit 2½ avec leur ordinateur à produire des pistes. Je pense qu’il y a une part de talent, c’est certain, mais si tu investis beaucoup de temps et d’efforts dans ton art, tu seras récompensé. Dans le temps, les gens avec du talent restaient chez eux, parce qu’il n’y avait pas de façon de le diffuser.»


JDQ: Est-ce que cette nouvelle réalité vous demande une certaine adaptation lorsque vous êtes sur scène?

YB: «Plutôt que de voir la foule comme un tout, on voit chaque «couple» comme des individus uniques. Ça nous permet de déterminer un peu si ce sont de nouveaux fans ou des vieux de la vieille. Je trouve ça le fun! On a fait les Plaines d’Abraham en 2001. Mon seul souvenir, c’est qu’il y avait du monde en tab******* ! Tu vois juste un tas de monde! C’est totalement impersonnel. Notre vraie paie, c’est de voir les sourires sur le visage des gens, de les voir chanter.»

SY: «Ce petit moment sur scène, ce n’est pas un vinyle ni un album. On te fait des tounes, et ce petit bout-là est unique. C’est comme si tu vois une belle photo sur Internet: c’est beau, mais il manque quelque chose. Il fallait être là pour comprendre. C’est la même chose quand tu vas voir un show. Tu as beau capter le son, il y a une énergie qui entoure l’instant. Cette petite magie, c’est une drogue.»


JDQ: Vous faites quelques petits spectacles par-ci par-là, entre autres le Rockfest 2016. Quel est votre plan derrière ça, jusqu’où espérez-vous vous rendre? Un nouvel album? Une tournée?

SY: «C’est ça, la belle chose derrière ce qu’on fait actuellement. Pas de pression! Il y a juste ma blonde qui m’en donne à la maison! Plus sérieusement, je trouve ça cool : en venant ici, on commence à avoir pas mal plus d’appels. Notre Saint-Jean est déjà bookée! Il y a beaucoup de choses qui se passent, mais je n’attends rien de ça. Pour moi, notre plus grande réussite, c’est que nos tounes ne sont pas emprisonnées dans une certaine époque. On s’entend encore parfois à la radio. Il y a quelque chose d’intemporel dans nos chansons. Je sais que donner des spectacles une fois de temps en temps, ça va être comme ça pour tout le temps.»

YB: «Côté projets, on ne s’est pas mis de date butoir pour rien. Je ne sens pas le besoin d’écrire des tounes pour Yelo en ce moment. Quand on sentira qu’on a quelque chose à dire de nouveau, on le fera.»

SL: «On ne s’est jamais dit qu’on arrêtait d’être Yelo Melo. On existait encore! La porte n’est pas fermée définitivement, mais pour l’instant, on n'écrit pas de nouvelles chansons.»


Pour en savoir plus sur les spectacles à venir ou sur les nouvelles à propos de Yelo Molo, vous pouvez visiter leur page Facebook.