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Cols bleus: le vote de la honte

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Sortie d’un vieux moule syndical poussiéreux, Chantal Racette, la présidente des cols bleus de Montréal, a réussi, tant bien que mal, à obtenir l’appui de près de 70 % des 914 syndiqués sur 6500 cols bleus qui se sont exprimés hier lors d’une consultation bidon selon plusieurs.

Mais assez pour crier victoire.

Le piton collé à «rapports de force», la protégée de l’ex-président Jean Lapierre, va donc continuer de gruger le peu qui reste de la crédibilité du syndicalisme au Québec.

Alors qu’on a plus que jamais besoin d’un syndicalisme responsable pour faire contrepoids à la dictature de l’argent, au populisme d’extrême droite et à un certain capitalisme qui s’estime désormais libre de toutes responsabilités morales, elle rame dans la direction opposée.

Le mois dernier, en assemblée générale annuelle, les cols bleus avaient exprimé à 50,6 % leur désaccord avec la présidence de madame Racette. Résultat qu’elle a refusé de reconnaître et, outrepassant son exécutif, elle s’est bidouillé un scrutin maison dénoncé par le Syndicat canadien de la fonction publique.

Une banderole «Vote d’appui à notre présidente» au fond de la salle indiquait la neutralité de l’exercice.

Feuille de route trouble

Les faits d’armes de Chantal Racette sont connus. Incitation à la grève sauvage en décembre 2015 qui a mérité au syndicat une amende de 103 000 $, dont 50 000 $ pour la présidente trouvée coupable d’outrage au tribunal (montant qu’elle pourrait faire payer par les membres), des GPS installés sur les véhicules personnels de deux de ses directeurs pour les espionner et l’organisation de cette consultation hautement suspecte.

Et ça continue. D’un côté, les autorités municipales qui, au fil des ans, ont tout donné aux cols bleus en échange d’une paix syndicale fuyante, les mêmes autorités qui tolèrent aujourd’hui les pantalons de clowns des policiers. De l’autre, un syndicat divisé.

Au milieu, des cols bleus malmenés souvent injustement par l’opinion publique.