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«Le féminisme, c’est devenu un dogme!»

«Le féminisme, c’est devenu un dogme!»
PHOTO WENN.com

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Lise Bilodeau, une femme qui a longtemps milité auprès de groupes féministes, ne s’identifie plus du tout au mouvement actuel qui, selon-elle, en est venu à «détester l’homme».

«Les premières grosses manifestations pour les femmes, j’y étais. Je ne suis plus là parce que ce n’est pas pour ça que j’ai milité. Moi, je voulais que les femmes prennent leur place, je voulais qu’elles s’instruisent. Je veillais aux grains. Mais, chemin faisant, j’ai tout abandonné parce que je me suis dit: “Non! Aujourd’hui c’est une guerre. On déteste l’homme.” Moi, ce n’est pas mon discours. Ça ne le sera jamais», plaide Mme Bilodeau qui ajoute sa voix à celle de la féministe Cassie Jaye, réalisatrice de The Red Pill, un documentaire qui donne notamment la parole à des groupes de défense des droits des hommes.

Avec son film, Mme Jaye voulait en autre conscientiser les féministes aux problématiques masculines souvent causés par des femmes qui briment les hommes dans leurs droits. 

«J’espère que les féministes vont commencer à s’intéresser aux problématiques masculines. Si le féminisme ne met l’accent que sur les problématiques féminines, il faut qu’il change pour être vraiment un mouvement pour l’égalité entre les sexes. Les problématiques des hommes sont réduites au silence. La preuve, c’est qu’on veut me réduire au silence et réduire mon film au silence», a-t-elle confié à notre chroniqueuse Sophie Durocher.

Pour sa part, Mme Bilodeau, qui est la présidente fondatrice de L’Action des nouvelles conjointes et nouveaux conjoints du Québec, (ANCQ), est d’avis que «le mouvement féministe diabolise les hommes et rend les femmes complètement dépendantes du système».

«Le lobbyisme est très puissant chez les féministes. Quand tu es le moindrement extrémiste, c’est une religion, c’est un dogme. Le dogme féministe, pour en faire partie, tu dois tout simplement parler comme elles, penser comme elles, agir comme elles et toujours viser l’homme comme étant le coupable dans tout. Et toi, tu es la pauvre petite nouille, la pauvre petite victime qu’on doit protéger. C’est avec ça que les mouvements féministes font énormément d’argent et ont des subventions énormes du gouvernement», dénonce-t-elle.

Victimes

Mme Bilodeau dit aussi être «heurtée» par le «regard féministe actuel» qui, selon elle, victimise toujours les femmes.

«Je me fais souvent accuser d’être une masculiniste, mais ce n’est pas ça! Il faut regarder les faits! Il faut arrêter de mettre ces lunettes de féministes enragées. Il faut que ça change. On se vaut les uns les autres. Il faut être plus solidaire et se rendre compte que l’homme est notre semblable, c’est un humain avant tout. On ne peut pas être, par nature, égaux! Je ne me sens pas, moi, diminuée pour ça. Au contraire, je me sens bien dans ma peau de femme! C’est dans nos différences qu’on va traverser cette période de fou là. C’est dans nos différences qu’on va apprendre à s’aimer.»

Des petits garçons «brainwashés»

Par ailleurs, Lise Bilodeau croit que les CPE et les écoles primaires sont l’équivalent d’un véritable «brain wash» pour les petits garçons qui doivent «vivre comme des petites filles».

«Est-ce qu’on est en train de faire à nos petits hommes ce que la Chine a fait avec ses filles? Eux, ils ont éliminé les filles. Nous, on n’a pas éliminé les garçons, mais psychiquement, psychologiquement, ils n’existent plus, explique-t-elle. On exige que les petits gars fassent comme les petites filles, qu’ils soient gentils, qu’il n’y ait pas de turbulence, qu’ils ne se bousculent pas, qu’ils ne jouent pas au ballon trop fort. C’est une vie de petite fille ça!»

Deux poids deux mesures

Mme Bilodeau dénonce le fait qu’il existe, au Québec, pas moins de 42 centres d’hébergement pour femmes en détresse, mais aucune ressource pour les hommes en difficultés.

«Ça fait 17 ans que je roule, ça fait 17 ans que je demande au gouvernement un petit coin pour accueillir les gars qui se font mettre dehors quand il y a une rupture qui brasse un peu. Nada! Il y a rien! Il n’y a absolument rien», dit celle qui a fait des représentations en ce sens auprès du gouvernement.

Dans sa pratique, Mme Bilodeau a constaté que plusieurs femmes ont accès à ces ressources et sont avantagées face aux hommes dans la même situation.

«Les maisons pour les femmes en difficultés ont leurs propres avocats, elles n’ont pas besoin de défrayer quoi que ce soit. L’avocat est fourni. Laissez-moi vous dire que ce n’est pas le cas pour le père. Attèle-toi mon grand et payé, car tu vas y goûter! Si malheureusement la dame va dans une maison pour femmes en difficultés, c’est terminé pour le père qui va avoir le mont Everest à monter. Pourquoi? Parce que quand vous vous présentez devant un juge, c’est terminé! Vous êtes déjà “blacklisté”. Vous êtes nécessairement considéré comme un père violent aux yeux du juge. C’est terminé! Le juge n’aura aucune sympathie pour vous. Soyez assurés de ça.»