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Du «Axe» et un lighter

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Est-ce qu’on a mis le feu aux poudres un peu trop rapidement dans le supposé scandale des jeunes qui enflammaient leurs manteaux d’hiver pour aller les éteindre dans un banc de neige?

Peut-être. L’avertissement a été émis du côté de l’école L’Odyssée-Dominique-Racine parce qu’une maman avait surpris sa fille avec un vidéo sur son cellulaire.

Un vidéo où l’on voit des jeunes pas trop brillants asperger leurs vestes de très odorant Axe avant d’allumer un briquet. Coup de flamme instantané et on se tire dans le banc de neige pour éteindre le tout. Je dis qu’on a peut-être paniqué un peu trop vite pour deux raisons. La première: aucun jeune du Saguenay n’avait été surpris à s’«Axer» le manteau.

La deuxième: c’est qu’à force d’en parler à la grandeur de la province, on a peut-être lancé la mode sans le vouloir. Les jeunes n’ont jamais eu besoin d’aide pour inventer des conneries.

Ça ne veut pas dire qu’il faut leur donner des recettes toutes cuites dans le Bic!

LA FIN DU MONDE PARFAIT

Nous sommes donc bien rendus rapides à faire la morale! Étions-nous mieux lorsque nous étions jeunes et que nous n’avions ni le câble ni internet pour passer le temps? Évidemment nos frasques ne se retrouvaient pas dans les bulletins de nouvelles. Mais nous avons tous été dans une bande de «flos» dont l’activité principale était de faire des niaiseries de «flos».

Je pourrais vous donner une longue liste de nos coups pendables. Si vous êtes honnêtes, vous pouvez probablement le faire aussi. Et avouons que si nous n’avons pas tous fait pire que le coup du «Axe» sur le manteau, nous n’avons pas beaucoup fait mieux.

La remontrance et la moralisation à outrance ont la cote. Parce que, maintenant, les bêtises d’un soir laissent des traces dans l’univers virtuel. Ce n’était pas le cas avant.

JEUX D’ADULTES

C’est vrai pour les gamins, mais aussi pour les adultes. Les paroles ne s’envolent plus et les conneries restent.

De nos jours, un président peut s’engueuler avec une actrice. Par écrit, pour la postérité. C’est pas du déodorant allumé au briquet, mais c’est tout aussi explosif.

Parfois, je m’amuse à m’imaginer ce que René Lévesque aurait pu écrire tard le soir sur son compte Twitter après le poker. Ou ce qu’on aurait pu filmer en catimi­ni avec un cellulaire dans une récep­tion chez les Kennedys. Est-ce que l’image idyllique de ces intouchables figu­res politiques en aurait pris un coup?

On semble se persuader qu’en 2017 nos politiciens sont les pires de l’histoire et que les jeunes n’ont jamais été si peu brillants. Est-ce que c’est vraiment le cas ou c’est tout simplement plus difficile de cacher les mauvais plis?

Ça nous arrange, au fond, d’être un peu hypocrites. Où sont les preuves de nos travers, oubliées au fil des décen­nies?

Dur, dur, d’être un enfant, un ado, un adulte, un politicien, un type avec une opinion. À l’ère du jugement instantané, on condamne à la vitesse du web.

On aime se montrer tout blanc et démoniser les autres tout en noir. Alors que, depuis toujours, nous nageons tous dans un océan aux 50 nuances de gris.

 

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