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Fusillade au Mexique : Deux jeunes Québécoises ont couru pour éviter les balles

Elles ont vu l’horreur de près et ont bien failli faire partie des victimes

Maggie Villeneuve (à gauche) et Demmy Richard étaient à la discothèque Blue Parrot à Playa del Carmen le dimanche 15 janvier 2017 quand un tireur a ouvert le feu sur les clients.
Photo Courtoisie Maggie Villeneuve (à gauche) et Demmy Richard étaient à la discothèque Blue Parrot à Playa del Carmen le dimanche 15 janvier 2017 quand un tireur a ouvert le feu sur les clients.

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«J’ai couru pour sauver ma peau. J’ai vu des corps tomber», a confié une Québécoise qui se trouvait dans la discothèque mexicaine Blue Parrot dimanche soir, où un tireur a fait cinq morts et 15 blessés.
 
Maggie Villeneuve, 23 ans, était au bar depuis une quinzaine de minutes seulement lorsque la fusillade est survenue. Son amie Demmy Richard et elle n’avaient même pas eu le temps de prendre une première gorgée de bière quand des coups de feu ont retenti dans l’immense boîte de nuit.
«Au début, la musique jouait encore, certains croyaient que c’était des pétards», a confié la jeune femme au Journal, la voix encore nouée par l’émotion. 
La clôture que les gens ont dû franchir pour sortir de l’enceinte de la discothèque. Sous l’effet de l’adrénaline, les deux jeunes Québécoises ont réussi à la traverser.
Photo Courtoisie
La clôture que les gens ont dû franchir pour sortir de l’enceinte de la discothèque. Sous l’effet de l’adrénaline, les deux jeunes Québécoises ont réussi à la traverser.
«À un moment donné, j’ai vu le tireur et son gun, j’ai dit: “Non, non. Ce n’est pas des pétards”.»
 
Les deux voyageuses de Québec se sont alors accroupies contre un mur. «J’étais cachée derrière deux autres personnes, tout le monde s’écrasait dans le mur ensemble», a expliqué Mme Villeneuve.
 
Après avoir vu des clients tomber au sol ensanglantés, les deux amies se sont enfuies vers la plage. 
«Gun! Run!»
 
Ils étaient des centaines à courir pour s’échapper, mais une clôture d’environ sept pieds installée dans le sable les empêchait d’aller plus loin et de quitter l’enceinte de la discothèque.
 
«Demmy et moi avons réussi à nous enfuir en grimpant la clôture, mais on a regardé derrière nous et certains étaient incapables de la traverser­­, a indiqué la Québécoise. Ils étaient coincés avec le tireur. C’était horrible.»
Des curieux sont venus observer les dégâts commis devant le Blue Parrot par au moins un revendeur de drogue frustré de se voir refuser l’accès au bar dans la nuit de dimanche à lundi.
Photo Courtoisie
Des curieux sont venus observer les dégâts commis devant le Blue Parrot par au moins un revendeur de drogue frustré de se voir refuser l’accès au bar dans la nuit de dimanche à lundi.
Les jeunes femmes ont ensuite couru sans regarder derrière et se sont réfugiées sur le balcon d’un résident du coin. Dans les rues, les gens hurlaient «Gun! Run!», a relaté Mme Villeneuve.
 
En arrivant, Demmy Richard a remarqué que sa jambe était couverte de sang. En la nettoyant, elle a réalisé qu’elle n’avait aucune blessure et qu’il ne s’agissait pas de son sang.
 
Maggie Villeneuve portait une montre intelligente qui calcule ses battements cardiaques. «Quand j’ai finalement arrêté de courir, j’ai regardé et mon cœur battait à 180. J’étais sur l’adrénaline. C’était l’enfer­­.»
Une femme blessée à la jambe est transportée en civière à la sortie du Blue Parrot.
Photo AFP
Une femme blessée à la jambe est transportée en civière à la sortie du Blue Parrot.
Une nuit de plus
 
La globetrotteuse originaire d’Amqui, au Bas-Saint-Laurent, avait un «mauvais feeling» dimanche soir. Elle n’avait pas particulièrement envie de sortir et se sentait très fatiguée. 
 
«Nous étions censées repartir vers Cancún [dimanche], a-t-elle expliqué. Finalement­­, on a décidé de rester une nuit de plus, mais j’avais un pressentiment que quelque chose tournerait mal.
 
Au lendemain de cette expérience pour le moins traumatisante, les Québécoises se disent «bénies» et remercient le ciel d’être encore en vie.
La présence policière a été accrue lundi, à Playa Del Carmen.
Photo Courtoisie
La présence policière a été accrue lundi, à Playa Del Carmen.
«Si je suis due pour mourir, je vais mourir. Mais lundi soir, c’était pas mon soir», a conclu Maggie Villeneuve.
 
Au Mexique depuis le 4 janvier, le duo revient au Québec jeudi.

Ce qu’ils ont dit

« Nous, on était dans le fond du bar et ça se passait près de l’entrée; on a entendu que le tireur faisait feu sur la foule et les gens ont couru vers nous. Tout le monde criait. C’était vraiment le chaos. Un de mes amis m’a tiré par terre. J’ai sorti mon téléphone et j’ai commencé à filmer; en réécoutant la vidéo ce matin j’ai entendu 8 à 10 coups de feu dans une période de 10 secon­des. »
 
– William Om, un Montréalais en voyage au Mexique
 
« Nous avons entendu un bruit et pensé que c’était des feux d’artifi­ce, avant de réaliser que quelqu’un était entré par la porte de secours et avait commencé à tirer. J’ai regardé derrière et j’ai vu un homme tomber après avoir été touché à la tête. Juste après, mon ami à côté de moi a reçu une balle dans le dos. On est restés allongés jusqu’à l’arrivée de la police. »
 
– Rashed Qassem, un Libanais de 36 ans venu des États-Unis pour assis­ter au festival avec des amis
 
« Je suis sous le choc ! Ce que j’ai vécu est horrible, je suis très triste et blessée. Le BPM Mexique m’a fait mal. C’était horrible d’être là. » 
 
– Lola Garcia, une animatrice mexicaine qui assistait au festival