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Les réactions sur la mort de Rock 100.9 déferlent

Les réactions sur la mort de Rock 100.9 déferlent
Photo tirée du Facebook de Rock 100.9

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L’annonce de l’arrivée d’un nouveau format qui remplacera la station Rock 100.9, sœur de CHOI Radio X, a provoqué un tsunami de réactions mardi.

Auditeurs, annonceurs et animateurs radio ont été nombreux à exprimer leur tristesse à la suite de la disparition annoncée de la bannière qui faisait partie de paysage radiophonique de Québec depuis neuf ans.

Dès le 30 janvier, la nouvelle station Pop 100.9  diffusera «le meilleur de la musique des années 70, 80 et 90».

Voici quelques réactions d’animateurs:

Denis Gravel

Les réactions sur la mort de Rock 100.9 déferlent
Photo d'archives, Annie T. Roussel

«C’est une journée un peu lourde du côté des bureaux de Radio X étant donné qu’on a annoncé, dans les dernières heures, je veux le dire comme ça, parce que c’est vraiment comme ça que je le perçois, c’est la mort de la dernière station de radio rock au Québec.»

«À Québec, on a toujours été un marché de rock, on a toujours été un auditoire de rock et, à un certain moment donné, on s’est rendu compte que le système radiophonique dans lequel on évoluait, ça rendait de plus en plus compliqué la mission qu’on s’était tous donnés à Québec d’incarner le rock autant dans l’attitude des animateurs qui s’exprimaient en ondes que dans la musique qu’on présentait.»

«On s’est donné la mission utopique de dire “on va faire vivre une station de rock à Québec”, qui est devenue Rock 100.9, et ç’a fonctionné pendant quelques années, mais la business et la réalité finissent toujours par te rattraper et c’est très dommage.»

«Moi, j’ai de la peine. C’est à cause de la musique rock que je travaille à Radio X. Aujourd’hui, si je suis capable de vivre, si je suis capable faire vivre une famille, c’est parce que j’aime le rock. Bien avant l’actualité, la politique ou la radio parlée. Si je m’en venais à CHOI, c’était par mon amour de la musique rock.»

«De voir aujourd’hui qu’on est tous un peu coupables du fait que la dernière antenne rock de la province vient de s’éteindre [...] on est tous, à un certain niveau, coupable de ça. Fondamentalement, le CRTC et l’ADISQ travaillent tellement fort pour empêcher les stations musicales de se spécialiser, de s'épanouir, de pouvoir jouer le matériel qu’ils désirent jouer. Ça rend ça excessivement difficile.»

«On ne se le cachera pas, les gens qui écoutent du rock et qui sont très nombreux à Québec, ben c’est des gens pour qui la musique occupe une place importante dans leurs vies et quand la musique occupe une place importante dans ta vie, ben t’écoutes pas la musique du centre d’achat, tu choisis ta musique, t’achètes tes CDs, tu t’abonnes à Spotify. C’est peut-être là, à un moment donné, qu’on s’est rendu compte au niveau financier, que malgré tous les efforts et toute la passion des artisans, ce n’était plus possible, même à Québec de faire vivre une station rock. C’est un constat que je trouve dramatique.»

«Le CRTC, je doute encore de leurs connaissances en radio et en progrès technologique pour pouvoir prendre les bonnes décisions et c’est dommage. On se retrouve avec un résultat comme celui-là. Je souhaite tout le succès possible à Pop 100.9, mais pour moi, amateur de rock qui travaille à Radio X à cause du rock, c’est sûr que j’ai de la peine aujourd’hui.»

«Pour le rock, c’est terminé, on a gueulé, on a crié, on a tout essayé, malheureusement, les gens qui prennent des décisions ont décidé de se fermer les yeux, de se boucher les oreilles et de regarder une partie du talent local mourir et une partie de la musique rock également.»

 

Mathieu Marcotte
Les réactions sur la mort de Rock 100.9 déferlent
Source: site de Rock 100,9

«Là, dans les prochains instants, dans les prochaines heures, dans les prochains jours, il y a des gens qui vont vous annoncer officiellement des choses. Il y a des gens qui vont vous annoncer qu’il va y avoir des changements ici à Rock 100.9 et je ne veux pas tomber dans les détails, je ne veux pas tomber dans le mélodrame. Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement émotif, mais sachez que peu importe ce qui arrive et peu importe ce qui s’en vient, ce fût un honneur et un plaisir de vous présenter du rock, et ce, depuis six ans et demi. Ç’a été une des plus belles expériences de ma vie au niveau professionnel, en fait la plus longue. Ç’a été la job que j’ai eu le plus longtemps.»

«Je suis très très heureux d’avoir pu partager ça avec vous, amateurs de rock. Je ne sais pas ce que le futur réserve pour la station, je ne sais pas ce que le futur me réserve, mais sachez que c’était la dernière fois que je m’adressais à vous en tant qu’animateur de Rock 100.9 et du char de hits.»

«Je suis extrêmement reconnaissant pour tout le monde avec qui j’ai travaillé, puis je pars avec aucune amertume. Peut-être un peu de déception, mais bon c’est la vie.»

«Il y en a plusieurs qui vont être déçus également de la situation, mais que voulez-vous? C’est la vie, c’est comme ça que ça marche. On va se reparler bientôt, ça ne sera juste pas ici.»

Gilles Parent

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Photo Courtoisie

«Sébastien Lavoie appliquerait la formule qu’il avait appliquée au 102,9 jadis, porté dans des valises très lourdes à Rouge FM et qu’il va probablement appliquer à nouveau là-bas. Donc c’est une formule qui a bien fonctionné, il faut le mentionner.»

«Moi je pense que, si on le regarde, c’est le genre de gars, si on le regarde dans les yeux et on le surveille, ils vont garder tout ce qu’ils ont à Radio X2, il faut juste le surveiller. C’est un gars qui est très habile et qui voyage lourd.»

André Arthur

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PHOTO DIDIER DEBUSSCHÈRE

«Vous savez, il y a quelque chose, il y a une continuité, une constante dans la radio en particulier au Québec et je compare ça avec l’Égypte des pharaons. Les pharaons passaient et régnaient et pendant ce temps-là, ils démolissaient la pyramide de celui qui l’avait précédé. Et, dans les derniers instants de leur vie, au moment où ils se sentaient vieux et malades et rabougris, ils construisaient en vitesse une nouvelle pyramide et c’est exactement ce qu’on connaît dans le monde de la radio.»

«Ce qui arrive en radio, c’est qu’il y a eu un changement de boss dans cette organisation-là et le nouveau boss ne peut pas dire: “Ce qui était là avant que j’arrive est bien”, parce que ce nouveau boss ne saura pas pourquoi il est arrivé!»

«On parle de stations dirigées à 100% de Montréal avec, à Québec, dans un bureau minable, un répondeur téléphonique. Ça, c’est la radio de Radio Nord à Québec présentement, CHOI et 100.9.»

«Pendant que Montréal a un nouveau patron, ce gars-là arrive et dit: “Ben, il faut que je fasse des changements parce que si ça va bien, il vont dire que c’est grâce à la personne que j’ai remplacée et non pas grâce à moi!” donc, ils font des changements. L’année que ça va prendre pour savoir si les changements donnent quelque chose ou non, le pharaon durant cette année-là, ça peut s’écrouler dans un an, mais lui, il va perdre tout simplement sa job le nouveau boss, mais il n’y a pas un seul des artisans qui aura été détruit dans ses changements-là, qu’on ira chercher dans un en disant: “On s’est trompés, ça ne marchera pas, le nouveau boss, il s’est gouré”.»

«Dans les bureaux de la radio, les gens, à un niveau aussi supérieur, règle générale, sont d’une déconcertante naïveté et les gens qui se présentent en disait: “Je suis capable de faire mieux moi, je vais te la remonter ta station”, les gogos achètent ça tout de suite et ça prend un an, deux ans parfois mêmes trois ans avant de se rendre compte qu’on a investi sur un cheval qui ne mène nulle part. Puis là, on va le mettre dehors dans un an ou dans deux ans ce nouveau boss-là! Mais lui, les artisans qu’il aura détruits, son successeur n’ira pas les chercher. Et ça, c’est la plus pathétique qui existe et c’est la chose la plus triste qu’on doit dire aux jeunes qui veulent se lancer en radio: “C’est un métier où il n’y a aucune sécurité et où la majorité du temps, les gens qui vont juger votre travail, ce sont des gens que vous n’embaucheriez même pas vous-mêmes.»

«Ça, ç’a été une des choses dans ma vie qui m’a le plus marquée. Nombre de fois où je me suis retrouvé avec un patron que moi je n’aurais pas embauché.»

«Sur le simple caprice de quelqu’un qui n’a pas fait ses preuves encore, c’est ça qui est dramatique! Ces gens qui font ces changements-là n’ont pas fait leurs preuves et si ça rate, ils ne reviendront pas en arrière pour redonner une carrière aux artisans qu’ils auront détruits.»

 

 

 

Voici quelques réactions d’artisans de radio, d’auditeurs et d’annonceurs récoltées sur les médias sociaux: