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QS sans Françoise

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Pour faire entrer la gauche politique à l’Assemblée nationale, il aura fallu que la grande militante Françoise David fasse le choix de l’action politique partisane. Elle occupe à ce titre un rôle majeur dans notre histoire récente.

Du NPD-Québec en RAP, les efforts étaient demeurés vains. La rencontre des tendances ouvrières et altermondialistes de l’UFP avec le militantisme communautaire et féministe d’Option citoyenne allait donner naissance à Québec solidaire et lui permettre de siéger au Parlement.

Lente progression

QS est là pour rester. Institutionnalisée par le parlementarisme, la formation politique offre une voix à une portion largement minoritaire, mais significative de l’électorat. Quoi qu’il arrive, sa base la fera vivre.

Il faut toutefois constater que la progression est très lente. Au début de QS, Amir Khadir aimait bien dresser un parallèle avec la naissance du Parti québécois.

Cette comparaison est désormais cruelle: dès sa première campagne, le PQ recueillait 23,06 % des voix et formait un gouvernement majoritaire à sa troisième tentative. Après quatre élections générales, QS n’a que trois parlementaires et son score n’a jamais dépassé 8 %.

Bref, le pouvoir, ce n’est pas demain la veille, à plus forte raison sans Françoise David. Et Amir Khadir qui pense aussi à partir!

Nouvelle génération

Manon Massé fait le plein d’estime depuis son arrivée à Québec, mais il faudra quand même trouver quelqu’un pour Gouin. Au moment où on se parle, la personne au Québec qui ressent le plus de pression sur ses épaules s’appelle sans doute Gabriel Nadeau-Dubois.

Figure historique de la grève 2012, libéré de l’épée de Damoclès d’une accusation d’outrage au tribunal, le militant est une des seules personnalités politiques au pays à pouvoir lever 100 000 $ par une présence à Tout le monde en parle.

Avec lui, Québec solidaire peut sans doute progresser. Sans lui, le parti restera confiné aux limites de la marginalité.