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Un père pourchassé pour 9,50$

Il reçoit un avis de recouvrement de l’école de son fils pour un livre qu’il dit avoir payé

Papa Laval agence recouvrement
Photo Améli Pineda Pascal Denis estime que la Commission scolaire de Laval devrait renoncer à engager une agence de recouvrement pour des sommes inférieures à 10$. La Fédération canadienne des contribuables dit qu’il s’agit d’un manque de jugement.

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Un père de famille s’indigne que la Commission scolaire de Laval ait engagé une agence de recouvrement pour lui réclamer la somme minime de 9,50 $ pour une facture qu’il assure avoir payée.

«C’est ridicule. Il y a clairement quelqu’un à la Commission scolaire qui ne sait pas c’est quoi le gros bon sens», lance Pascal Denis.

Le 17 janvier dernier, un avis de réclamation de 9,50 $ attendait le Lavallois dans sa boîte aux lettres.

L’avis lui indique qu’il doit cette somme à l’école primaire De l’Avenir fréquentée par son plus jeune fils et qu’il a cinq jours pour régler sa créance sans faire «l’objet d’aucune autre procédure».

«C’est insultant. Même si je ne l’avais pas payé, ce que je constate, c’est qu’on est prêt à envoyer une agence de recouvrement pourchasser un parent pour un aussi petit montant. C’est quoi la prochaine étape? L’huissier?» demande M. Denis.

Il déplore qu’on soit prêt à «salir» le crédit d’un parent pour «quelques dollars».

Pas de montant minimum

L’Agence de recouvrement ARM responsable de récupérer les sommes dues par des parents aux écoles de la Commission scolaire de Laval confirme avoir envoyé «quelques avis pour de petits montants».

«Je comprends qu’on puisse trouver ça ridicule, mais on a une entente avec la Commission scolaire qui n’a pas de montant minimal à récupérer», explique Jean-François Gingras, président de l’agence ARM.

L’agence doit donc honorer son contrat même s’il y avait des sommes aussi minimes que 9,50 $.

Mal entendu

Pour M. Denis, le comble, c’est qu’en discutant avec sa conjointe, il s’est rappelé avoir envoyé l’argent à l’enseignante de son fils le 28 novembre.

«On s’est rappelé qu’à la mi-novembre, on avait reçu un mémo de l’enseignante qui nous réclamait déjà 9,50 $. Il y avait une réunion de parents la même semaine, alors ma conjointe en a profité pour demander pourquoi on devait cette somme», explique l’homme qui travaille comme préposé dans un centre hospitalier.

L’enseignante leur aurait répondu que c’était le prix d’un livre de musique qui s’était ajouté à la liste scolaire.

«Le lendemain, on a envoyé l’argent et elle nous a confirmé la réception dans un message écrit dans l’agenda de mon fils», indique-t-il en montrant la note au Journal.

À l’école De l’Avenir, la directrice a indiqué que le cas de M. Denis était réglé.

Pour tout autre commentaire, elle a adressé Le Journal à la Commission scolaire qui ne nous avait pas rendu nos appels au moment de mettre sous presse.

Un manque de jugement de la Commission

La Commission scolaire de Laval a manqué de jugement en engageant une agence de recouvrement pour récupérer 9,50 $ déplore la Fédération canadienne des contribuables.

«C’est du gaspillage de fonds publics», tranche Carl Vallée, le président de la Fédération.

Selon lui, l’histoire de Pascal Denis, un père qui a reçu un avis pour un montant de 9,50 $, montre le manque de flexibilité des employés de Commissions scolaires.

«C’est un manque de jugement de quelqu’un qui suit sans doute à la règle les procédures administratives. Quand on parle d’un aussi petit montant, il me semble qu’on doit éviter les mesures qui nous coûtent plus cher que le montant réclamé», souligne M. Vallée.

Avec toutes les compressions subies dans les Commissions scolaires du Québec, M. Denis déplore qu’on dépense de l’argent pour ce type d’avis.

«Je ne dis pas pour un parent qui ne paie pas le service de garde, mais pour un livre... Il me semble que pour 9,50 $ on peut prendre le téléphone», dit-il.

Perte

L’agence de recouvrement ARM, responsable de récupérer les sommes dues par des parents à la Commission scolaire de Laval confirme qu’ils sont perdants lorsqu’ils réclament des montants de moins de 10 $.

«Avec l’impression de la lettre, l’enveloppe et le timbre, c’est certain qu’on perd», indique Jean-François Gingras, le président de l’agence.

Situation exceptionnelle

Il rappelle toutefois que l’entente avec la Commission scolaire comprend majoritairement des sommes se chiffrant plutôt en dizaines et centaines de dollars.

«C’est assez exceptionnel qu’on voie de petits montants. Certaines entreprises vont même renoncer à les collecter», dit-il.