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Peur et jeux dangereux

Le jeu est une création divertissante avec un trio de comédiens solide et crédible

Sarah Villeneuve-Desjardins et Marc-Antoine Marceau offrent de superbes performances de comédiens dans le huis clos Le jeu, qui se déroule dans un chalet isolé dans la forêt. 
Photo courtoisie, Cath Langlois Sarah Villeneuve-Desjardins et Marc-Antoine Marceau offrent de superbes performances de comédiens dans le huis clos Le jeu, qui se déroule dans un chalet isolé dans la forêt. 

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Le jeu aborde la peur. Celle ressentie par les femmes dans certaines situations. Une création divertissante et superbement interprétée.

La proposition du collectif Le Vestiaire, présentée à Premier Acte, jusqu’au 4 février, aborde le rapport de force entre les hommes et les femmes.

Le texte de Pascale Renaud-Hébert plonge dans cette thématique par l’entremise d’un jeune couple qui va passer une semaine dans un chalet dans le bois. Pascale souhaite attaquer l’écriture d’une pièce de théâtre. Ludo, son copain, a d’autres idées en tête.

Une panne d’électricité sera l’initiatrice d’un petit jeu qui n’annonce rien de bon. Un jeu de rôle s’installera entre le jeune couple lorsque Pascale ira récupérer l’ordinateur portable qu’elle a oublié dans la voiture.

Ludo amorce un jeu de rôle où la jeune femme devient Sarah et se présente comme une auto-stoppeuse qui s’est fait abandonner dans le secteur. Ludo, devenu Samuel, tente de séduire la jeune femme.

L’arrivée de Mario, le fils du propriétaire de l’endroit, pour activer la génératrice, modifiera l’équilibre des choses. L’alcool et la drogue contribueront à faire dégénérer le tout.

Le jeune couple se servira de cette situation pour subtilement régler ses comptes. La situation deviendra explosive et un incident maximisera la peur de Pascale.

Cassure et théâtre-réalité

La pièce, à partir de cet instant, quitte son cadre traditionnel et le public est interpellé par la comédienne.

Qui a déjà eu peur de marcher seul dans le noir? Une majorité de femmes lèvent la main. Le jeu plonge tout à coup dans une sorte de théâtre-réalité où la peur et l’inquiétude sont dirigées vers les spectateurs.

Une cassure intéressante, mais aussi brutale où l’intrigue et le sort des personnages deviennent secondaires et disparaissent dans la froideur de la nuit.

Le jeu est superbement interprété. Samuel Corbeil, Marc-Antoine Marceau et Sarah Villeneuve-Desjardins sont solides et crédibles dans le réalisme des personnages qu’ils habitent. Il y a du rythme, de l’intensité, du réalisme et des moments d’humour qui sont souvent grinçants.

Le jeu ne va pas en profondeur dans les tenants et aboutissants de la peur et des rapports de force entre les hommes et les femmes, mais cette création, mise en scène par Danielle Le Saux-Farmer, amène des éléments de réflexion et elle est surtout un objet théâtral bien joué, sans temps mort et très divertissant.