/sports/ski
Navigation

Podium historique

Alex Harvey aligne une 3e médaille en aidant le Canada à gagner le bronze au relais

Coup d'oeil sur cet article

Et ça continue! Alex Harvey a fréquenté le podium pour une troisième épreuve de suite en Coupe du monde de ski de fond en contribuant à la troisième place de l’équipe canadienne au relais 4 X 7,5 km, dimanche à Ulricehamn en Suède.

Dans une course qui s’est réglée dans les derniers mètres, Len Valjas a lutté jusqu’au bout avant de céder la victoire à la Norvège suivie de la Suède après 1 h 6 m 47,5 s.

L’explosion de joie déclenchée par l’Ontarien de 6 pi 6 po en traversant la ligne venait d’écrire un nouveau chapitre dans l’histoire canadienne de ce sport: un premier podium masculin dans une épreuve de relais à quatre athlètes. Ce podium devient l’égal de celui d’un quatuor féminin qui avait terminé troisième à Canmore en 1987, dans lequel s’alignait notamment la Québécoise Marie-Andrée Masson.

3 en 3

«C’est tellement une surprise pour nous. Les farteurs pleuraient. Ça faisait tellement longtemps qu’on essayait au relais, mais il y avait toujours quelque chose qui ne marchait pas», a exprimé Harvey, avant de se promettre de partager une bière avec ses collègues.

Ce podium comporte une autre valeur puisque le fondeur de 28 ans devient le premier Canadien à aligner trois médailles en autant d’épreuves consécutives en Coupe du monde. La championne olympique Beckie Scott détient le record féminin avec cinq podiums en cinq courses disputées à Vernon et Canmore en 2005.

La veille, Harvey avait remporté sa première épreuve individuelle de distance en carrière en enlevant l’or du 15 km en style libre, encore à Ulricehamn. Sa prolifique semaine avait débuté avec la victoire en compagnie de Valjas lors de l’unique épreuve de sprint par équipe de la saison disputée à Toblach en Italie, le 15 janvier.

Plan de course réussi

Deuxième relayeur dans l’épreuve de dimanche, Harvey a attaqué le deuxième segment en style classique après celui que venait de compléter Devon Kershaw. Knute Johnsgaard, puis finalement Valjas, se sont ensuite élancés pour les deux épisodes en skate (style libre).

Son effort violent de samedi n’a pas empêché Harvey de résister aux assauts de certains costauds qu’il côtoyait durant sa prestation, dont le Norvégien Martin Johnsrud Sundby et le Suisse Dario Cologna.

«Ça a vraiment gommé dur durant ma portion, mais je savais que si on était capables de donner le relais dans le groupe de tête pour la portion skate, le parcours faisait en sorte que c’était presque impossible de se faire décrocher. On a effectué notre plan parfaitement. Et Len, même s’il skiait dans un gros groupe, a utilisé son intuition de sprinteur pour bien se placer», a salué le Québécois.

Enfin

Ce podium inédit nourrit de nouveaux espoirs pour de grands événements à venir, comme à l’approche du 3 mars, journée prévue pour le relais 4 X 10 km aux championnats mondiaux en Finlande.

«Ça donne une valeur juste où le pays se situe. C’était une Coupe du monde et tous les meilleurs des autres pays y étaient», indique Harvey, pour qui ce dimanche venait d’effacer de mauvais souvenirs.

«À Vancouver (aux Jeux olympiques), on s’était maintenus parmi les trois meilleurs après les 30 premiers kilomètres et on était les favoris pour gagner le relais, mais on avait fini septièmes. À chaque fois, il y a toujours eu quelque chose qui ne fonctionnait pas», se souvient le Québécois, qui avait à ce moment comme équipiers Devon Kershaw, Ivan Babikov et George Grey.

Relais 4 x 7,5 km

  • 1- Norvège 1 1 h 6 min 48 s
  • 2. Suède 1 1 h 6 min 48,5 s
  • 3. Canada Même temps

La consécration pour une équipe

«J’ai assisté à des médailles à des Jeux olympiques et dans d’autres grands événements, mais tout ce qui me manquait, dans ma carrière de farteur, c’était une médaille en relais chez les hommes. Je me demandais si j’allais la voir un jour. C’est arrivé. C’est incroyable.»

Le chef-farteur de l’équipe canadienne, Yves Bilodeau, a partagé, en pleurs, la médaille de bronze du relais, dimanche en Suède. Avec plus de 30 années d’expérience, d’abord comme athlète et ensuite comme technicien, il sait mieux que quiconque qu’un podium dans ce type d’épreuve résulte d’une combinaison parfaite du travail des farteurs, de la planification des entraîneurs et de l’effort des skieurs.

«Émotionnellement, ce fut vraiment une belle journée», a répété l’homme originaire de Québec.

Bon pour le financement

La petite ville d’Ulricehamn, dans le sud de la Suède, servait d’unique tribune de la saison aux nations pour se produire dans un relais à quatre athlètes. Le premier podium des hommes, dimanche, a gonflé la confiance chez les Canadiens, en mal de résultats convaincants dans l’histoire.

«Ça représente bien sûr un espoir de plus pour les mondiaux et les Jeux olympiques», résume l’entraîneur-chef Louis Bouchard.

«Mais c’est utile aussi pour le financement. Quand tu rencontres À nous le podium [l’organisme qui répartit l’aide fédérale] pour ton budget, tu identifies les chances de médailles. Auparavant, on cochait seulement des épreuves individuelles pour Alex. Maintenant, on peut cocher le sprint par équipes et le relais masculin», rappelle Bouchard.