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Les juristes de l'État restent en grève

Les juristes de l'État restent en grève
Photo d'archives, Pierre-Olivier Fortin

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Les 1100 avocats et notaires de l'État québécois ont choisi massivement, jeudi, de poursuivre la grève et rejeté les dernières offres patronales.

Réunis dans des assemblées générales tenues simultanément à Québec et à Montréal, quelque 940 syndiqués en grève ont une fois de plus exprimé leur colère en choisissant de rester sur le trottoir. Les grévistes ont à la fois rejeté les offres patronales dans une proportion de 97% et voté pour la poursuite de la grève à 83%. Le taux de participation au vote fut de 85%.

En outre, les syndiqués ont fait sauter la date limite du 10 février 2017, proposée par leur comité exécutif, pour signifier leur intention de poursuivre leur combat au-delà de cette date. De même, la proposition de faire la grève à temps partiel a été rejetée à 91%.

En décembre dernier, les membres de LANEQ avaient rejeté à 97% les offres patronales et voté pour poursuivre la grève dans une proportion de 90%. Le président du syndicat, Me Jean Denis s'est dit impressionné par les résultats du vote. «On ne pensait pas avoir ça après 14 semaines de grève (...) Ce sont des chiffres qui parlent.»

Jean Denis dit avoir communiqué avec le cabinet du président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, pour une «rencontre au sommet» en l'absence de ses fonctionnaires. «C'est le temps d'avoir un rendez-vous sérieux avec M. Moreau. S'il ne nous contacte pas, on contactera le bureau du premier ministre», a prévenu le président de LANEQ.

Le litige porte particulièrement sur le mode de négociation des juristes de l'État qui demandent un régime semblable à celui obtenu par le procureur de la couronne, ce que le gouvernement refuse. Les syndiqués de LANEQ demandent aussi une hausse de rémunération de 10% sur quatre ans, la même que celle qui fut concédée l'an dernier aux procureurs de la Couronne.

Québec soutient avoir offert une augmentation de 8,5% sur cinq ans à ses juristes. LANEQ a ramené l'offre à 5,25% prétendant que certains gains offerts par l'employeur auraient un effet nul puisqu'ils étaient compensés par la suppression de certaines dispositions contenues dans la convention collective.

Les syndiqués sont plus déterminés que jamais, a soutenu Jean Denis, même à rester sur le trottoir quand le fonds de grève sera épuisé. «Les gens ont dit, même sans fonds de grève on va continuer (...) Ça nous amène jusqu'au 10 février.»

Le cabinet du ministre Moreau a fait savoir en fin de journée qu'il se tenait disponible pour poursuivre les négociations. Dans un courriel remis au Journal, l'attachée de presse du ministre, Catherine Poulin, a signalé que Pierre Moreau avait mis plus d'argent sur la table dans le but de répondre aux demandes de LANEQ.