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Le Mexique dit que Pena Nieto et Trump ne parleront plus du mur en public

Enrique Pena Nieto et Donald Trump
Photo d'archives, AFP Enrique Pena Nieto et Donald Trump

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Les présidents américain et mexicain Donald Trump et Enrique Pena Nieto ont cherché vendredi à faire baisser la tension diplomatique au sujet du projet de mur à la frontière, tout en reconnaissant leurs divergences lors d’un entretien téléphonique.

La discussion est intervenue au lendemain de l’annulation par M. Pena Nieto de son voyage à Washington, initialement programmé le 31 janvier, où il devait rencontrer le nouveau locataire de la Maison-Blanche qui a réaffirmé son intention de construire le mur pour stopper l’immigration illégale vers les États-Unis et d’en faire payer le coût au Mexique.

Les deux chefs d’État se sont parlé durant une heure et ont constaté leurs divergences «très claires et très publiques» sur ce «sujet sensible», selon les deux gouvernements, qui ont qualifié la discussion de «productive et constructive» dans leur communiqué respectif.

Selon les autorités mexicaines, les deux chefs d’État ont convenu «de ne plus parler publiquement» pour le moment du sujet polémique, mais la Maison-Blanche n’a pas fait mention de cet engagement de Donald Trump.

«Ce fut une conversation très, très amicale» a indiqué Trump durant une conférence de presse conjointe avec la première ministre britannique Theresa May.

«Comme tout le monde le sait, le Mexique a mieux négocié» et nous «a tournés en ridicule» car le déficit commercial des États-Unis envers le Mexique s’élève à 60 milliards par an, a-t-il ajouté.

Le sujet du déficit commercial américain a également été abordé lors de la discussion avec le président mexicain. Les deux gouvernements ont également convenu de travailler ensemble pour lutter «contre le trafic de drogue et le flux illégal d’armes».

Dans une impasse

Donald Trump souhaite renégocier l’accord de libre-échange nord-américain, vieux de 23 ans, et avait enfoncé le clou tôt vendredi sur Twitter en accusant « le Mexique de profiter des États-Unis depuis trop longtemps ».

«Des déficits commerciaux massifs et très peu d’aide sur la frontière poreuse, cela doit changer maintenant!», a écrit le 45e président des États-Unis dans l’un de ses tweets matinaux qu’il affectionne.

Jeudi, le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, avait évoqué la possible mise en place d’une taxe de 20% sur les produits mexicains pour financer la construction d’un mur à la frontière, promesse de campagne emblématique du magnat de l’immobilier.

Selon plusieurs analystes, la discorde diplomatique est la plus grave depuis des décennies.

La dernière crise majeure remonte à 1985, lorsqu’un cartel de drogue avait torturé et tué un fonctionnaire américain de l’agence américaine antidrogue (DEA) provoquant en représailles une brève fermeture de la frontière.

«C’est pire maintenant», commente à l’AFP Jesus Velasco, expert en relations américano-mexicaines à l’université de Tarleton au Texas.

«Trump met dos au mur l’administration Pena Nieto à tel point qu’il n’y a plus d’espace pour les négociations», a-t-il commenté.

Le ministre mexicain de l’Économie Ildefonso Guajardo, qui a rencontré des responsables américains cette semaine à Washington, avait indiqué vendredi - avant le coup de fil entre les deux présidents - que les deux pays étaient «dans une impasse».

Mais la ligne de communication reste ouverte, maintenant « la possibilité de trouver une solution » a-t-il ajouté.