/news/society
Navigation

Elle se fait offrir un resto déjeuner

Une ancienne gestionnaire prend maintenant le temps de déjeuner et de partager avec des clients

Retraites de rêve Francine Devost
Photo Améli Pineda Retraitée depuis septembre 2015, Francine Devost passe presque tous ses matins à La Dinette à servir aux clients des petits déjeuners «faits avec amour».

Coup d'oeil sur cet article

Francine Devost n’a jamais pris le temps de déjeuner pendant près de 20 ans. C’est pourquoi pour fêter sa retraite, son fils lui a offert l’endroit rêvé pour servir crêpes, gaufres et grilled-cheese.

«Quand je travaillais, j’étais pressée, je cuisinais souvent par obligation, raconte la femme de 60 ans. Avec La Dinette, je fais la nourriture avec amour.»

Amoureuse de grilled-cheese et de bon café, elle ne pouvait rêver d’avoir meilleur commerce qu’un resto déjeuner. C’est d’ailleurs autour de ce repas que l’ancienne gestionnaire chez Desjardins considère que l’on peut partager les plus beaux moments de la journée.

«Quand je suis passée devant le local vacant, j’ai tout de suite imaginé la salle à manger de ma mère», confie Francis Rivard, le fils de Mme Devost.

Le chef cuisinier, qui possédait déjà le restaurant Bon-D dans Rosemont, a donc décidé d’inclure sa mère dans ses projets de restauration.

«Je voulais qu’elle vive une belle retraite active, et je sais qu’elle aime être proche des gens. C’était parfait pour elle», indique celui qui a proposé à sa mère de gérer La Dinette.

Ensemble, le duo mère-fils a transformé un petit local sans charme de la rue Sherbrooke Est en salle à manger enchanteresse.

Avec un mur de tapisserie rose aux motifs fleuris, des tables vintage et de la vaisselle ancienne, Mme Devost se sent véritablement chez elle.

«Il n’y a que 18 places, alors c’est vraiment très cocooning comme endroit», décrit Mme Devost.

Savourer l’Instant

Ayant longtemps manqué de temps pour partager ce moment du début de la journée avec ses proches, elle savoure aujourd’hui la chance de préparer le déjeuner de ses clients. Et pas question de n’offrir qu’un traditionnel œuf-patates-bacon.

«Puisque mon fils a une formation de chef, c’est lui qui pense aux mariages d’ingrédients. Moi je l’assiste, je le regarde et j’apprends énormément. C’est ça qui me rend heureuse», confie la mère de trois enfants.

Entre la préparation du populaire sandwich au fromage suisse et bœuf fumé et celle de la gaufre au cheddar, bacon braisé et pommes caramélisées, elle tisse des liens avec des clients.

«C’est comme si j’accueillais les clients chez moi. Lorsqu’on se déplace pour aller déjeuner, ça veut dire qu’on prend le temps d’apprécier le moment, de partager et de savourer ce qu’on nous offre», illustre-t-elle.

La retraitée, qui a été enfermée la moitié de sa carrière dans le bureau d’une institution financière, passe pratiquement tous ses matins depuis septembre 2015 dans son petit local de la rue Sherbrooke Est.

«Je n’avais jamais vécu cette proximité. En cuisine, quand tu offres un bon service, tu sens rapidement l’appréciation du client. C’est très loin de ce que j’avais connu», souligne Mme Devost, qui assiste son fils bénévolement jusqu’à une quarantaine d’heures par semaine.

«Ma plus grande fierté, c’est de contribuer au succès des projets de mon fils et ça, ça n’a pas de prix», indique-t-elle.

L’ancienne gestionnaire a cotisé toute sa vie pour sa retraite et réussit à vivre aujourd’hui avec quelque 15 000 $ par année.

À l’aventure

Comme plusieurs retraités de son âge, Mme Devost rêvait de partir à l’aventure dans d’autres pays pour découvrir de nouveaux paysages.

Cette incursion dans le monde de la restauration a toutefois changé sa perception de la retraite.

«Je me suis découvert une véritable passion et surtout je suis contente de faire partie de cette aventure dans laquelle nous a lancés mon fils», dit-elle.

Même si elle caresse toujours l’idée de partir à l’étranger pour découvrir de nouveaux paysages, elle se dit comblée par sa retraite culinaire.

«Je ne travaille pas, je m’amuse. C’est loin d’être routinier.», assure Mme Devost.

Ses conseils

  • Vivre selon ses moyens: il n’est pas nécessaire de s’endetter pour être comblé (elle n’a pas de voiture et elle est locataire)
  • Prendre les décisions pour soi: après avoir travaillé toute sa vie, il faut s’écouter
  • Éviter les choses stressantes: la retraite est un moment pour soi, alors il faut s’amuser