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Le jour où Fanny Ardant... a séduit Gérard Depardieu

Dans Le divan de Staline, Fanny Ardant voulait mettre de l’avant la forte personnalité de Gérard Depardieu.
Photo courtoisie Dans Le divan de Staline, Fanny Ardant voulait mettre de l’avant la forte personnalité de Gérard Depardieu.

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L’actrice et réalisatrice entretient une longue amitié avec l’acteur qu’elle a dirigé dans son dernier film, Le divan de Staline. En entrevue avec Le Journal, Fanny Ardant a raconté le jour où elle a croisé Depardieu pour la première fois, il y a plus de 35 ans.

 

Fanny Ardant
Fanny Ardant

«Je m’en souviens comme si c’était hier», a déclaré Fanny Ardant, quand on l’a ­interrogée sur sa première rencontre avec Gérard Depardieu sur un plateau de tournage. C’était pour le film d’Alain ­Jessua, Les chiens, sorti en 1979. Depardieu­­ tenait l’un des premiers rôles de ce thriller d’anticipation, et Fanny Ardant­­ ne jouait alors qu’un tout petit rôle­­, celui d’une infirmière. Mais l’actrice avait déjà du caractère.

La fille d’à côté

«Je me suis disputée avec l’assistant-réalisateur qui m’a mal parlé parce que j’avais renversé du Coca sur ma blouse d’infirmière», a relaté Fanny Ardant au Journal, au cours d’une entrevue au Festival­­ international du film de Marrakech­­. «J’ai enlevé ma blouse, j’ai remis mes habits de ville et j’ai volé une voiture pour rentrer chez moi. Ça a fait tout un scandale. Et quand je suis revenue le lendemain sur le plateau, personne ne voulait me parler. Mais un homme est venu me voir. Il s’est assis à côté de moi. C’était Gérard. On a commencé à parler de ma ville ­natale, Limoges. Et lui m’a dit qu’il était de Châteauroux.»

Fanny Ardant et Gérard Depardieu ont joué ensemble à de multiples reprises au cinéma, notamment dans La femme d’à côté.
Photo d'archives
Fanny Ardant et Gérard Depardieu ont joué ensemble à de multiples reprises au cinéma, notamment dans La femme d’à côté.

Après Les chiens, les deux monstres ­sacrés du cinéma français se sont rapidement recroisés sur un autre tournage, ­celui de La femme d’à côté de François Truffaut, au début des années 1980. «Quand François Truffaut a parlé à Gérard­­ de son envie de faire un film avec une fille qui s’appelait Fanny ­Ardant, Gérard a dit: “Ah oui, la fille de Limoges!”» a confié l’actrice, avant de poursuivre: «Dans La femme d’à côté, le premier plan que je joue, c’est quand mon mari me présente au person­nage de Gérard qui a été mon amant. Et quand il m’a serré la main, j’ai su que toute ma vie je pourrais jouer avec un acteur comme lui, rien que dans la façon dont il m’a regardée.»

Staline dirigé par Hitler

Aujourd’hui encore, Fanny Ardant ­entretient une relation privilégiée avec Gérard Depardieu, qu’elle a côtoyé ­durant toutes ces années. Et l’actrice lui a offert un rôle taillé sur mesure pour son troisième film en tant que réalisatrice, Le divan de Staline, adapté du roman de Jean-Daniel Baltassat. «On a coutume de dire qu’on ne filme que ce qu’on aime. Je me suis demandé ce que j’avais envie de ­filmer et j’avais envie de ­filmer Gérard», a expliqué Fanny Ardant. «J’aime bien être avec lui, j’aime bien l’écouter. Bien sûr, le rapport était différent pour ce film parce que j’avais des exigences (en tant que réalisatrice). Mais Gérard m’a dit que c’était une grande joie de jouer Staline ­dirigé par Hitler», a-t-elle ajouté dans un grand sourire.

Fanny Ardant a également précisé qu’elle n’avait pas choisi Depardieu pour le rôle parce qu’il avait désormais la ­nationalité russe. «Ça n’a rien à voir. Il aurait pu être citoyen danois, c’était ­pareil», a-t-elle indiqué, préférant mettre en avant sa «forte personnalité». Le film met en scène un Staline vieillissant qui se réfugie dans un château avec sa ­maîtresse (jouée par Emmanuelle ­Seigner) et un jeune peintre venu lui ­présenter un projet de monument à sa gloire. «J’avais un petit budget pour une histoire qui se déroule en trois jours et qui est surtout un récit entre trois ­personnages», a confié Fanny Ardant. «C’était une gageure de faire ce film rapidement avec peu d’argent, mais avec un sujet fort. Et comme Gérard est un grand acteur, il est rentré dans cette gageure.»