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Malaussène: le livre de la rentrée

Le cas Malaussène – 
Ils m’ont menti
Daniel Pennac
Aux Éditions Gallimard,
 320 pages
Photo courtoisie Le cas Malaussène – Ils m’ont menti Daniel Pennac Aux Éditions Gallimard, 320 pages

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C’est LE livre de la rentrée d’hiver qu’on attendait avec impatience, le précédent épisode de la très savoureuse saga Malaussène ayant été publié au siècle dernier!

Entamée en 1985 avec Au bonheur des ogres, la saga Malaussène a rapidement fait les délices de plusieurs millions de lecteurs. Car en plus de raconter les déboires de Benjamin Malaussène, personnage hautement romanesque abonné aux ennuis de toutes sortes, Daniel Pennac y a instillé une très forte dose de fantaisie. Pour preuve, les prénoms à coucher dehors qu’il a donnés à la plupart de ses personnages, les cinq tomes suivants nous ayant entre autres permis d’assister à la naissance de Verdun, de C’Est Un Ange, de Maracuja ou de Monsieur Malaussène (le fils de Benjamin!).

Le dernier opus de la série remontant à 1999, l’auteur a donc jugé bon d’agrémenter le premier volet du Cas Malaussène d’un répertoire expliquant qui est qui. Une bonne chose, parce que dès l’instant où on a commencé à le lire, on n’a pas tardé à comprendre que ses héros avaient beaucoup évolué en 15 ans.

La petite Verdun, par exemple, est désormais juge d’instruction. Un travail qui l’a déjà amenée à côtoyer Georges Lapietà, ancien ministre de la ­République et homme d’affaires véreux qui aurait pu empocher 22 807 204 euros d’indemnités... s’il n’avait pas été kidnappé juste avant!

Quant à Benjamin, il œuvre pour le compte de la reine Zabo, l’éditrice qui règne sans partage sur les Éditions du Talion. Son plus récent mandat? Assurer la sécurité d’un auteur de vérité vraie qui, depuis la parution d’un bouquin intitulé Ils m’ont menti, a réussi à éveiller l’instinct meurtrier de tous les membres de sa famille.

Un peu difficiles à suivre, les nouvelles aventures de la tribu Malaussène plairont surtout aux inconditionnels de Pennac, dont la verve jubilatoire n’a pas pris une ride.

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Mr. North

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 512 pages
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Thornton Wilder, aux Éditions Belfond, 512 pages

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La discipline sans drame

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Éditions Guy Saint-Jean, 
384 pages
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Dr Daniel J. Siegel et Tina Payne Bryson, aux Éditions Guy Saint-Jean, 384 pages

Léo se comporte comme un vrai petit monstre au ­restaurant? Emma hausse le ton à la moindre occasion? Matisse se montre de plus en plus souvent grossier? Anouck rouspète toujours pour faire ses devoirs? Cet ouvrage, qui apprend aux parents comment réagir aux comportements inadéquats et à en désamorcer les crises, risque fort de devenir sous peu l’un des incontournables de la rentrée d’hiver!

Tics et tocs des grands génies

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240 pages
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Mason Currey, aux Éditions Points, 240 pages

Saviez-vous que Marcel Proust traînait au lit jusqu’à 15 h avant de se mettre à écrire? Que Truman Capote ne pouvait pas laisser plus de trois mégots dans un cendrier? Que Tchaïkovski ne composait jamais sans avoir d’abord accompli une tâche désagréable? Que Federico Fellini était incapable de dormir plus de trois heures d’affilée? Détaillant les petites manies des plus grands créateurs, ce livre nous entraîne de surprise en surprise.

Chat majesté

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Collectif, aux Éditions Prisma, 124 pages

Un beau livre qui fera ronronner de plaisir tous les gagas de chats: ­étonnamment bien ­documenté, il nous ­permet entre autres de découvrir quels ­écrivains ont loué la grâce des félins, où, dans le monde, il est possible de croiser plus de matous que d’humains ou quels peintres n’ont pas hésité à ­immortaliser leurs doux compagnons sous forme de tableaux.

UN POLAR TRÈS NOIR

La veille de presque tout
Víctor del Árbol 
Aux Éditions Actes Sud, 
320 pages
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La veille de presque tout Víctor del Árbol Aux Éditions Actes Sud, 320 pages

Il n’y a pas que les frissons qui soient ici garantis: les larmes le sont aussi, l’écrivain espagnol Víctor del Árbol, à qui on doit notamment La tristesse du samouraï et Toutes les vagues de l’océan – deux polars à lire sans faute! –, abordant une fois encore des thèmes particulièrement durs.

Dans ce quatrième roman traduit en français qui a été couronné par le prix Nadal, on croisera ainsi Germinal Ibarra, un flic rongé par les ­remords. Trois ans plus tôt, il n’a en effet pas su arracher à temps la jeune Amanda des griffes de l’«homoncule», le pédophile qui l’a kidnappée et lâchement assassinée dans une cabane de berger des environs de Malaga.

On croisera aussi la mère d’Amanda, richissime héritière de l’empire Malher qui, à 40 ans passés, plongera tête première dans la drogue avant de fuir dans un petit village pluvieux de Galicie... où elle ne tardera pas à rencontrer trois êtres aussi abîmés qu’elle par la vie: Daniel, un étrange ado qui a récemment perdu ses ­parents et son frère adoré, Dolores, dont toute l’existence n’a été qu’une succession de malheurs, et Mauricio, un vieux chapelier d’origine ­argentine toujours torturé par son très lourd passé.

Un livre incroyablement noir qui dévoile avec brio les secrets et les cauchemars de chacun de ses ­personnages.