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«Je n'ai pas dormi de la nuit» -Régis Labeaume

Régis Labeaume a participé à un point de presse commun avec le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.
Photo Simon Clark Régis Labeaume a participé à un point de presse commun avec le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.

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La nuit a été courte et difficile pour le maire de Québec, qui devait rencontrer lundi matin les leaders de la communauté musulmane de Québec.

«Il n'y a pas eu de nuit. Je n'ai pas dormi», a lancé le maire de Québec, Régis Labeaume, à son arrivée à l'hôtel de ville, lundi matin. Avec le premier ministre, Philippe Couillard, il avait tenu dans la nuit une conférence de presse qui s'est étirée au-delà de 2 h 30 du matin.

Encore fortement ébranlé, le maire peinait à exprimer son désarroi. «On essaie de comprendre...»

M. Labeaume dit avoir été contacté par l'ex-mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche. «J'ai tout compris ce qu'elle voulait dire», a-t-il laissé tomber, en référence à la tragédie qu'a vécu sa ville.

L'horreur

«C’est l’horreur, c’est l’horreur, a-t-il répété, sonné, lorsque Le Journal l’a intercepté, en début de nuit lundi, à la sortie du centre de coordination où il a passé une grande partie de la soirée, après la tuerie qui a fait plusieurs morts à la mosquée de Sainte-Foy.

«Dans notre magnifique ville, c’est l’horreur», a laissé tomber le premier magistrat de Québec. Le maire est préparé à toute situation d’urgence, mais de son propre aveu, «je ne pensais jamais m’en servir pour ça (une fusillade)».

La Ville de Québec a ouvert son centre de coordination utilisé en cas d’urgence et le maire a été intégré à la cellule de crise, comme le prévoit le protocole. Il y a effectué un travail en collaboration avec la police, la sécurité publique et les communications. Il s’est ensuite rendu à un point de presse commun avec le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.

Devant les caméras, M. Labeaume a peiné à retenir des sanglots. «Cette magnifique capitale nationale vient de vivre un drame sans nom. J’ai souvent répété au cours des dernières semaines que malgré la paix qui règne ici, nous n’étions pas à l’abri. Eh bien, nous venons de vivre la fatalité. (...) Je veux exprimer ma révolte devant ce geste crapuleux.»

Le maire s’est dit très satisfait du travail de ses policiers. Il a annoncé son intention de rencontrer dès lundi à 10 h à l’hôtel de ville les leaders de la communauté musulmane. «Ils peuvent compter sur notre soutien et notre solidarité. Et surtout, je veux leur dire que nous les aimons.»

«Québec est en deuil ce soir», avait-il écrit plus tôt sur sa page Facebook. «La violence et l’intolérance à l’égard de qui que ce soit, groupes ou individus, est tout simplement injustifiable et inacceptable. Mes premières pensées vont aux familles des victimes et à tous les fidèles de la mosquée de Sainte-Foy. Toute la ville est avec vous et nous serons à vos côtés afin de traverser cette terrible épreuve qui dépasse la raison. Demeurons unis, la solidarité est la meilleure réponse à offrir devant cette tragédie humaine et gratuite. Souhaitons-nous du courage, nous en aurons besoin dans les jours à venir!»

 

Par communiqué, le maire a appelé à la solidarité: «Québec est une ville ouverte et où tous doivent pouvoir vivre ensemble en sécurité et dans le respect».

Anne Guérette attristée et sous le choc

Régis Labeaume a participé à un point de presse commun avec le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.
Photo d'archivbes Didier Debusschère

La chef de l'opposition à l'Hôtel de Ville de Québec, Anne Guérette, était elle aussi sous le choc.

«Je suis attristée d'apprendre qu'il y a eu un tel acte de violence dans la belle ville de Québec. Mes pensées vont à tous les proches des victimes», a réagi la politicienne quelques heures après le drame.

La chef de l'opposition avait de la difficulté à croire que cela puisse arriver dans sa ville. «De plus en plus, on voit des actes de violence qui se produisent partout. C'est toujours possible, malheureusement.»

Avant de sauter aux conclusions et de blâmer un groupe en particulier, ou de remettre en cause les politiques d'immigration, il faudra réfléchir à tête reposée, selon elle.

«On comprend les réactions, c'est normal. Mais les élus doivent garder la tête froide et faire attention de ne pas tout mélanger et de réfléchir rapidement à ce qu'on devrait faire de mieux pour éviter que ce genre de situation se reproduise. Il ne faut pas tout remettre en question, mais il faut certainement réfléchir sérieusement à ce qui se passe ce soir.»