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Pas de bain pendant des années: le ministre Barrette refuse de dire si c'est de la maltraitance

Gaetan Barrette
Photo d'archives

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Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a refusé de dire s’il considérait comme de la maltraitance le fait que des aînés n’aient pas eu de bain depuis plusieurs années ou que certains soient contraints d'uriner dans leurs vêtements en raison des délais de réponse comme le révélait mardi le Protecteur du citoyen dans un rapport sur les soins de santé en Gaspésie.

En réaction au rapport, il a fait savoir par son attachée de presse que même s’il y a place à amélioration, l’ensemble de l’enquête n’a pas révélé de lacunes majeures touchant la sécurité des usagers. «Le protecteur affirme aussi que le nombre de recommandations adressées à l’établissement s’avère relativement modeste, compte tenu du nombre élevé d’installations visées», écrit son attachée de presse Julie White.

Maltraitance?

Le Conseil de protection des malades y voit toutefois des exemples de maltraitance et se dit outré et indigné de ce que l’on retrouve dans le rapport du Protecteur du citoyen.

«Un expert au forum du ministre sur les CHSLD a dit que de mettre une couche à des gens qui ne sont pas incontinents est de la maltraitance.», a dit le président Paul Brunet.

Pour le spécialiste en droit des patients Me Jean-Pierre Ménard, plusieurs éléments de ce rapport réfère à de la maltraitance par privation, qu’il appelle maltraitance organisationnelle. «Ça rend l’établissement vulnérable à des recours judiciaires», croit-il.

Paul Brunet, président du Conseil de protection des malades.
PHOTO COURTOISIE
Paul Brunet, président du Conseil de protection des malades.

 

Régime de terreur

Le député péquiste de Gaspé, Gaétan Lelièvre, dit que c’est «une grosse tuile qui vient de tomber».

«La population est préoccupée oui, mais je ne sens pas qu’on est en situation de crise au niveau de la santé. Ça varie d’un établissement à un autre», précise Gaétan Lelièvre.

Le porte-parole en matière de santé pour la CAQ lui se dit dans le camp des alarmés.

«C’est de la maltraitance. Il faut dénoncer ce que l’on a entendu en Gaspésie, c’est inacceptable. Nos aînés méritent plus de respect et de dignité», s’indigne François Paradis.

Le syndicat local affirme pour sa part que la population et le personnel auraient peur de dénoncer. «La population a peur. La direction du CISSS de la Gaspésie a mis en place un régime de terreur. Les gens ont peur de dénoncer. Ils ont peur de ne pas avoir de services pour leur famille (s’ils parlent)», dit représentante syndicale Micheline Barriault.