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Noire semaine

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Cette semaine, toute notre ville a été bouleversée par la tuerie de la mosquée. Six innocents massacrés. De graves blessés. Des familles brisées. Et un assassin présumé, Alexandre Bissonnette. Le temps est gris, l’atmosphère morose. Mais de quoi seront faits les lendemains? Voici mon top 3 de cette noire semaine.

1. DÉSORMAIS
Photo Simon Clark

Il y a eu la sauvagerie, il y aura le procès. Et il y aura un APRÈS. Un DÉSORMAIS. Mais de quoi au juste doit-il être fait? Nul doute qu’il faut briser les silos, construire des ponts et, oui, baisser le ton, sans toutefois étouffer les débats qui doivent être menés, sur l’immigration notamment.

Comment peut-on tous faire un effort? Faire davantage confiance? L’intégration sociale passe nécessairement par l’intégration économique. Briser l’isolement pour freiner tout glissement vers l’intégrisme, de part et d’autre.

L’abbé Pierre disait: «L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien».

2. VENDETTA MINABLE
Photo Fotolia

Plusieurs chroniqueurs et «experts» patentés ont décidé de profiter d’une tragédie sans nom pour régler de sales vieux comptes avec la «radio de Québec». Encore elle...

Absolument rien - mais rien -, dans l’enquête, ne pointe vers quelque station ou animateur que ce soit, mais peu importe, la tentation était trop grande pour salir et diffamer.

On a honteusement matraqué que «certains animateurs de Québec avaient du sang sur les mains». Une déclaration à l’emporte-pièce, irréfléchie et irresponsable dans le contexte délétère actuel.

La bien-pensance gauchisante a encore une fois lâchement joué à l’escouade de la moralité. Et dans la quête écervelée de coupables, réels ou imaginaires, la froide quête de vérité est devenue une victime collatérale.

3. DÉLICATS LENDEMAINS
Photo Jean-François Desgagnés

Les lendemains seront périlleux et les tentations seront fortes. Notamment de diaboliser les débats sur l’identité. La rectitude politique est le nouveau fascisme.

En la matière, le maire de Québec aurait avantage à prendre exemple sur Philippe Couillard plutôt que de souhaiter le recours à une douteuse censure.

Ce que Régis Labeaume a exprimé est inquiétant: vouloir intimider les patrons qui, supposément, entérineraient les «discours haineux». Une expression codée qui signifie tout discours qui dévie de la pensée unique ou des programmes politiques des élus en place.

J’ose espérer que le maire de notre ville ne s’abaissera pas au point d’instrumentaliser les secousses provoquées par la tragédie de la mosquée à des fins bassement politiques.