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Des associations musulmanes demandent des gestes concrets contre l'islamophobie

Des associations musulmanes demandent des gestes concrets contre l'islamophobie
Photo Agence QMI, MATTHEW USHERWOOD

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En réaction à l’attentat dans une mosquée de Québec, une coalition d’une quarantaine d’associations musulmanes au pays exige une série de mesures pour combattre le «racisme systémique» et l’islamophobie.

Plusieurs des leaders et des représentants des communautés musulmanes étaient au parlement, mercredi, pour présenter une lettre ouverte, dans laquelle ils demandent au fédéral, ainsi qu’aux provinces et aux municipalités d’agir.

«On veut des politiques claires concrètes concernant la lutte contre l’islamophobie», a indiqué le coprésident de l’Association des musulmans et des arabes pour la laïcité au Québec, Haroun Bouazzi.

«On ne dit pas que le Canada et le Québec sont des environnements racistes. On dit qu’il y a des systèmes sexistes et des systèmes racistes et qu’il faut apporter des solutions», a-t-il ajouté.

La coalition veut ainsi que le fédéral déclare le 29 janvier, jour de l’attentat à Québec, Journée nationale du souvenir et de la lutte contre l’islamophobie.

Ces associations souhaitent aussi qu’un cours obligatoire sur le racisme et la discrimination soit offert dans les écoles secondaires.

«On ne peut plus se permettre de laisser faire ou de laisser aller. Le laisser aller peut coûter des vies et on l’a vu. Et ça nous fait mal et c’est fait, la douleur est là», a soutenu, Sabrina Sassi, une étudiante au doctorat à l’Université Laval, présente à l’événement.

«À mes yeux, il n’y a pas de prix plus fort qu’une communauté puisse payer. Je demande à nos leaders politiques, à notre gouvernement de mettre en place un cours pour nos jeunes pour leur donner les moyens d’être unis au Canada», a-t-elle insisté.

Les groupes musulmans veulent aussi qu’un organisme équivalent au Conseil du statut de la femme soit mis en place pour s’assurer que les lois et les politiques publiques n’aient pas pour effet «de créer des inégalités» dans la société.

Ils estiment aussi que des formations doivent être offertes pour l’ensemble des policiers dans le domaine des «pratiques policières équitables» et que les policiers devraient être mieux formés sur la question des crimes motivés par la haine.

Selon M. Bouazzi, il s’agit d’un enjeu important. «Aujourd’hui, une femme musulmane qui porte un foulard, une femme noire qui se fait agresser sur la rue, est obligée de choisir si c’est du sexisme ou si c’est du racisme. C’est une forme de violence institutionnelle en soi», a-t-il indiqué.

Il déplore par exemple le cas, où une personne a saccagé une mosquée à Sept-îles sans que l’incident ne soit considéré comme un crime haineux par les autorités. Il indique que la même chose s’est produite à Montréal, où une femme enceinte portant un foulard a été agressée par des jeunes.