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Agropur presse le gouvernement de défendre l’industrie laitière

Bloc industrie laitière
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MONTRÉAL – Devant les volontés protectionnistes du président américain Donald Trump, la coopérative Agropur demande à Ottawa de défendre l’industrie laitière.

Lundi, le premier ministre Justin Trudeau se rendra à Washington pour y rencontrer le président Trump sur fond de négociations appréhendées sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Pour les producteurs laitiers, cela représente une menace directe pour le système canadien de gestion de l'offre, alors que des producteurs laitiers américains s'estiment défavorisés par rapport à ce qu'ils voient comme un net avantage pour les producteurs canadiens. Le président d'Agropur, Serge Riendeau, a toutefois refusé de céder à la panique.

«Avant de spéculer, il faut d’abord connaître les positions du gouvernement américain, et surtout comment le gouvernement du Canada va défendre l’économie et comment le gouvernement canadien va défendre son industrie laitière», a commenté le président sortant d’Agropur Serge Riendeau.

Les acteurs de l'industrie laitière restent somme toute mobilisés et maintiennent une pression sur Ottawa. Le message lancé au gouvernement fédéral est d'ailleurs très clair.

«En ce qui concerne la gestion de l’offre, pour le bien de l’industrie canadienne, il est important qu’elle ne soit plus une monnaie d’échange», a fermement affirmé M. Riendeau.

Des résultats solides

Malgré des vents contraires, la coopérative Agropur a fait état de résultats enviables lors de sa 78e assemblée générale annuelle qui s'est déroulée à Montréal, jeudi. Les revenus de l’exercice 2016, terminé le 1er novembre, ont atteint 5,95 milliards $ contre 5,87 milliards $ en 2015. L’excédent net avant ristournes a quant à lui grimpé de 63,1 % à 154 millions $.

«Ainsi, 2016 a été une excellente année, malgré des marchés encore incertains», a mentionné le chef de la direction d’Agropur, Robert Coallier.

Ces résultats se traduisent par des ristournes aux membres de 60,1 millions $ cette année, bien supérieures aux 40,6 millions $ en ristournes, un an plus tôt.

De manière ventilée, selon les différentes catégories de produit, Natrel arrive en première position, dans les segments «finement filtré», sans lactose et biologique. Pour ce qui est de la marque OKA, sa croissance en volume a été de 75 % depuis 2013, année où elle a été lancée. Pour ce qui est des produits Olympic et iögo, ils ont connu une croissance respective de 10 et 6 %.

L'an dernier, lors de son assemblée annuelle, Agropur avait annoncé le lancement d’un programme de réduction des coûts de 100 millions $ sur trois ans. Un an plus tard, une réduction de 41 millions $ a été réalisée et l’objectif formulé en 2015 demeure la cible.

«Jusqu'ici nos efforts ont visé la standardisation de nos processus, la mise en place de nouvelles structures organisationnelles», a expliqué le chef de la direction, M. Coallier.

Lait diafiltré

Filtré à de multiples reprises, le lait diafiltré est un produit ultraprotéiné utilisé dans la fabrication du fromage. Pour certains producteurs fromagers, ce produit remplace le lait dans l’élaboration de leurs fromages et échappe aux frais douaniers parce qu’il est considéré comme un ingrédient.

L’arrivée massive de cet ingrédient est un irritant, tant pour les producteurs laitiers canadiens que pour les producteurs américains. En 2016, disant vouloir soutenir ses producteurs, Agropur a annoncé qu’elle n’utiliserait plus ce lait diafiltré. Dans un proche avenir, un logo de certification «Lait de qualité» fera son apparition sur les produits de la coopérative.

«Cela dit, on souhaite toujours que le gouvernement pose des gestes pour éviter le contournement des frontières», a nuancé Dominique Benoit, vice-président principal aux affaires institutionnelles pour Agropur.

Nouveau président

En poste depuis 2002, l'actuel président Serge Riendeau a annoncé qu'il tirait sa révérence. Cette 78e assemblée est sa dernière à la présidence, mais il a promis qu'il resterait dans les sillages de la coopérative.

«En quittant la présidence d’Agropur, j’ai la conviction que notre coopérative possède des assises solides qui lui permettent d’envisager avec optimisme son développement futur», a affirmé M. Riendeau.

Son successeur sera connu vendredi, alors que le conseil d’administration élira un nouveau président.