/opinion/columnists
Navigation

Sklavounos : pas à la hauteur

Coup d'oeil sur cet article

Comme rédacteur de discours, si on m’avait demandé d’écrire une phrase pour quelqu’un qui ne se croit pas fautif, j’aurais rendu exactement celle-ci.

«À celles et ceux que j’ai pu offenser malgré moi, sachez que ce ne fut jamais mon intention, et que je le regrette sincèrement.»

Comme stratège, c’est une phrase que j’aurais déconseillée à quelqu’un qui veut se montrer à la hauteur de ce qui est attendu de lui. C’est en deçà de la «déclaration forte» et de l’admission que lui réclamait le chef du Parti libéral.

C’est le genre d’exemple que je donne quand je veux illustrer ce qu’est la culture du viol. Ce réflexe de penser que c’est le seuil de tolérance de celles qui se plaignent de comportements inappropriés qui pose problème.

Digne des grands primates

La culture du viol, c’est un député qui se sent autorisé à s’exclamer «Damn, she’s hot» au passage d’une page de l’Assemblée nationale qui s’en est confié au Devoir en octobre dernier. Aux yeux de Gerry Sklavounos, ça s’appelle une «tentative de socialiser».

Ça marche peut-être comme ça chez les grands primates, mais non, multiplier les ­­avances explicites de manière insistante, ce n’est pas la marque d’une personnalité «extravertie» et «passionnée». Le député de Laurier-Dorion indique qu’il ne comprend même pas ce qui lui est reproché.

Premier ministre demandé

Dans de telles circonstances, que ferait un premier ministre qui se tient debout? Il convoquerait le «volubile» individu et lui dirait: «Tu ne seras plus candidat de mon parti.» Ça se fait déjà quand on veut libérer un comté pour une vedette.

Mais pas Philippe Couillard. Plus chef du PLQ que premier ministre, il soupèse le niveau d’indignation de l’opinion publique.

Ce serait le temps qu’il se réveille.