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«Je m’attends à ce que ce soit difficile»

Un jeune homme va parcourir pendant six mois le sentier des Appalaches de plus de 3000 kilomètres

Pierre-Yves St-Onge, originaire de St-Appolinaire parcourras les 3500km de la Appalachian Trail, a pied, Station touristique Duchesnay, Quebec, 21 janvier 2017. PASCAL HUOT/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI
Photo Pascal Huot Pierre-Yves St-Onge, originaire de Saint-Apollinaire, parcourra les 3500 km du sentier des Appalaches, à pied.

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Amateur de plein air et de sensations fortes, un jeune homme de Saint-Apollinaire figurera sur la liste des rares Québécois à tenter de parcourir les 3510 kilomètres du mythique sentier des Appalaches, aux États-Unis. Le 7 mars prochain, Pierre-Yves St-Onge se retrouvera seul avec son sac à dos en forêt, comme l’a fait l’héroïne du livre et du film Wild. Il se donne six mois pour se rendre au bout du chemin, au mont Katahdin, dans l’État du Maine.

Pourquoi relever le défi de parcourir le sentier des Appalaches?

«J’ai lu un article de quelqu’un qui le faisait et je me suis dit ‘’ah oui, je peux prendre une sabbatique à mon travail, moi’’. Dans ma tête, ça a cheminé. Il faut au moins que je l’essaie. Il y a aussi le défi, le fait d’être en nature. J’adore les montagnes. J’ai senti un appel et ça tombe bien dans ma vie présentement. J’ai pris une sabbatique de huit mois pour faire face au choc culturel quand je vais revenir.»

Comment t’es-tu préparé pour parcourir une aussi longue distance?

«J’ai toujours aimé la randonnée. J’ai déjà fait de la randonnée en Gaspésie et la traversée de Charlevoix, qui est une randonnée d’une semaine, et ça m’a initié à ça, et tu vois ce que tu peux faire. Je suis un gars qui court pas mal. Mon entraînement n’est pas au niveau que je le souhaiterais pour l’instant. Mais ça se passe beaucoup dans la tête. J’ai lu un livre sur la préparation mentale. Tu dois te demander pourquoi tu fais cela et t’en rappeler tout au long du parcours. Faire de la randonnée, parfois, c’est misérable comme quand ça fait trois ou quatre jours qu’il pleut. Je m’attends à ce que ce soit difficile et je me prépare en conséquence.»

Tu prévois parcourir combien de kilomètres par jour?

«J’ai prévu six mois à cause des imprévus ou si je me blesse. Ça me laisse du temps pour me remettre et compléter le projet. C’est en moyenne 24 km par jour, mais ce n’est pas raisonnable en partant. Ton corps n’est pas habitué. Il y a des sections plus difficiles aussi. Le taux de réussite est d’environ 25 %. Si ça ne va pas bien ou que je me rends compte que je suis trop lent et que je ne rentrerai pas dans mes six mois, je veux au moins avoir atteint la moitié psychologique du trajet, qui est l’État de la Virginie de l’Ouest.»

Qu’apportes-tu comme matériel?

«J’ai une tente minuscule, un sac de couchage. Tu dois prévoir ton linge, mais tout est quand même minimal. Tu essaies d’en avoir le moins possible parce que plus ton sac à dos est lourd, plus c’est difficile à traîner. Pour la nourriture, il y a quelques endroits où c’est plus difficile d’avoir accès à une épicerie, donc je vais m’envoyer des colis à certains endroits. Sinon, en ville, il y a des petites épiceries, et c’est assez facile de se ravitailler. Tu achètes ce qui est calorique, qui se conserve sans réfrigération et qui ne prend pas de place, comme des soupes en poudre, des Kraft Dinner et des barres protéinées.»

As-tu peur de la solitude?

«J’aurai un téléphone cellulaire pour les urgences et aussi pour donner des nouvelles à ma famille et à ma blonde de temps en temps. Mais c’est quand même un sentier fréquenté. Tu croises des gens tous les jours. Surtout des Américains. Il y a aussi des Canadiens, mais très peu de Québécois. J’ai réussi à en trouver deux ou trois sur Facebook qui ne partent pas longtemps après moi.»