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Leur sous-sol sert d’entrepôt

Un couple de retraités a transformé sa maison pour mener à bien son projet d’aide aux gens de la rue

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Après s’être engagé à fond dans l’aide aux itinérants, un couple de retraités de Brossard n’a eu d’autre choix que d’aménager son sous-sol en véritable entrepôt.

André Faucher l’avoue, il a parfois du mal à reconnaître sa propre maison. Son sous-sol est tellement encombré par les vêtements et les produits alimentaires récoltés pour les sans-abri qu’il a dû improviser trois autres entrepôts.

«Une partie de la marchandise a été sto­ckée dans le garage de ma mère, à Montréal; une autre est dans un local que des amis m’ont prêté gratuitement, dans un parc industriel, et le reste est dans un autre local payant», explique celui qui a fondé «Un Cœur pour les autres» avec sa conjointe Linda Faucher.

Voilà 15 ans que l’association distribue des denrées aux itinérants près du métro Berri-UQAM. «C’est lors d’une conférence où un prédicateur racontait comment il aidait les prostituées à Los Angeles que nous avons voulu faire de même pour les gens de la rue», explique Mme Faucher.

Depuis, chaque mercredi, c’est le branle-bas de combat dans le sous-sol du couple, envahi par des boîtes qui sont entassées jusqu’au plafond.

Bénévoles à l’étroit

Une quinzaine de volontaires viennent prêter main-forte pour préparer 250 sacs-repas l’hiver et près de 400 l’été. «On est un peu serrés dans ces 1200 pi2, mais chacun sait ce qu’il a à faire», s’amuse André Faucher.

«Chez nous, chaque recoin est calculé. Il faut constamment trier, classer et ranger. Cela demande une grosse organisation», insis­te sa conjointe.

Le bureau a été transféré à l’étage, une chambre s’est transformée en remise et la buanderie ressemble à une véritable épicerie, regorgeant de chips, gâteaux, jus, biscuits, pains et chocolat. Des produits qui proviennent des amis, des banques alimentaires et des pâtisseries.

« Avec les moyens du bord »

«Si on trouvait un endroit pour tout sto­cker, on pourrait faire des distributions deux ou trois fois par semaine, mais, pour l’instant, c’est impossible», signale M. Faucher, qui récolte 25 000 $ de dons en argent chaque année.

«Ça me permet de payer, entre autres, l’essence, l’assurance et les réparations du camion que j’ai acheté pour transporter tous les produits», dit-il.

Aujourd’hui, l’ancien entrepreneur passe près de 40 heures par semaine à gérer toute la logistique.

«Nous avons un stationnement réservé sur la rue Berri, accordé par la Ville, mais pour le moment, les distributions sont organisées avec les moyens du bord», souligne-t-il.

Les repas sont remis à l’air libre, par n’importe quel temps. Mais André Faucher projette de se procurer un abri. «J’y travaille depuis quatre ans, dit-il. Ma priorité, ce sont les itinérants.»